Burundi: un haut gradé de l'armée cible d'une embuscade?

Jusqu'ici, les insurgés burundais attaquent la police, accusée d'être le fer de lance de la répression, mais ne s'en prennent pas à l'armée qu'ils jugent neutre.
© RFI/ Sonia Rolley

Les violences sont devenues désormais quasi quotidiennes entre forces de l'ordre et insurgés issus de la contestation du troisième mandat du président Pierre Nkurunziza. Samedi soir, c'est le commandant de la Ve région militaire, englobant plusieurs provinces de l'est, qui a été blessé dans une embuscade dans la province de Bujumbura rural, pas loin de la capitale. Ce qui a donné lieu à d'autres affrontements dimanche. Un incident plutôt exceptionnel car l'armée ne semble pas visée jusqu'ici par ces insurgés.

Dans un premier temps, l'armée avait parlé d'une embuscade. Alors que le colonel Serge Kabanyura n'était plus qu'à une vingtaine de kilomètres de Bujumbura, un groupe d'insurgés aurait tiré sur son véhicule. Cet officier supérieur burundais a été légèrement blessé au bras. Quatre soldats de son escorte et son chauffeur ont été également blessés, dont deux grièvement. L'un d'eux aurait succombé à ses blessures plus tard.

Des policiers basés dans le secteur se sont alors lancés aux trousses des assaillants, qu'ils ont rattrapés dimanche dans la commune voisine de Mutambu, où il y a eu un violent contact. Bilan de l'affrontement, selon des sources militaires : quatre « criminels armés » (le terme qui désigne officiellement les insurgés qui veulent chasser le président Pierre Nkurunziza du pouvoir) tués, et leurs armes saisies.

L'armée préservée

Le porte-parole de l'armée, le colonel Gaspard Baratuza, a confirmé ces informations, mais il assure que le commandant de la Ve région militaire du Burundi n'était pas personnellement visé samedi soir. Et d'expliquer qu'il a été blessé alors qu'il intervenait en faveur d'un véhicule civil qui le précédait et qui venait de tomber dans une embuscade.

Ce qui semble corroborer les propos d'un des leaders des insurgés basés dans cette province de Bujumbura rural, autour de la capitale, qui assure qu'ils n'ont rien à voir avec cet incident. Jusqu'ici, les insurgés burundais attaquent systématiquement la police accusée d'être le fer de lance de la répression alors qu'ils évitent soigneusement l'armée, qualifiée de plus neutre.