Le pape en Ouganda, entre prosélytisme et message politique

Le pape François salue la foule à son arrivée à la cathédrale de Kampala, le 28 novembre 2015.
© REUTERS/Stefano Rellandini

Le pape François achève ce dimanche 29 novembre au matin son voyage en Ouganda. Un voyage marathon au cours duquel il a rencontré les représentants politiques, religieux mais aussi les Ougandais. Le souverain pontife a visité différents lieux symboliques afin de célébrer le 50e anniversaire des martyrs ougandais, raison « officielle » de son déplacement à Kampala. Sur place, il a mis en avant les catéchistes, les plus démunis et s’est adressé, comme au Kenya, à la jeunesse du pays.

Dès son arrivée sur le sol ougandais, le message du pape François s’est annoncé politique : il a d’abord salué le président Museveni pour la place accordée dans son pays aux réfugiés issus des différentes crises politiques des Etats voisins - RDC, Burundi, Soudan du Sud - rappelant le défi que représente l’immigration dans le monde entier aujourd’hui et dénonçant souvent le sort réservé aux déplacés.

Le pape a aussi insisté, devant le président au pouvoir depuis près de trente ans, sur le besoin d’une bonne gouvernance, de la transparence politique et de la nécessité de lutter contre la corruption.

Mais c’est surtout vers les croyants que François s’est tourné en Ouganda. Venu célébrer les martyrs du pays, il a appelé les fidèles à suivre leur exemple. Pendant sa messe, il a mis en avant les valeurs de tolérance rappelant que parmi les martyrs se trouvaient des catholiques mais aussi des anglicans.

A Munyonyo, la foule a brandi des bougies pour saluer la visite du pape François. © REUTERS/Stefano Rellandini

Ferveur

Devant les jeunes réunis à Kokolo, il a demandé à chacun de s’ouvrir. L’apprentissage de la religion a été l’un des messages centraux de son voyage. A Munyonyo, il a d’ailleurs rendu hommage aux catéchistes. Humblement dans ces différents discours, il y a appelé les croyants à prier pour lui.

Pays composé à plus de 80% de chrétiens, les fidèles ont accueilli chaleureusement le pape. Fidèles qui se sont pressés sur le bord des routes pour le saluer mais la menace terroriste bien présente dans la capitale, a imposé des règles de sécurité très strictes qui ont pu parfois couper les élans de ferveur.

Ce dimanche, le souverain pontife s'envole pour la Centrafrique, dernière étape de sa tournée africaine.

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 ■ Les bonnes affaires de la visite papale

Dans la foule, des vendeurs tentent d’appâter le client. Sur les bas-côtés, les marchandises sont étalées sur des pagnes ou des bouts de tissu. Calendriers, cartes de vœux, chapelets, bibles, croix, sans oublier les incontournables tee-shirts et casquettes à l’effigie du pape.

Parmi les vendeurs, une jeune étudiante s’installe : « Aujourd’hui, j’ai ces coffrets, je vends ces photos de tableaux des martyrs, ce sont les meilleures photos que vous pourrez trouver, ici, à Namugongo, parce qu’elles ont été prises à partir des originaux. Je suis étudiante et à temps partiel, graphiste, c’est donc moi qui les ai éditées. Pour le moment, je n’ai pas eu beaucoup d’acheteurs mais Dieu c’est tout, je suis croyante. »

Bob a quelques éventails dans un carton posé à ses pieds, pour lui les objectifs sont les mêmes : « Je suis étudiant en commerce à l’université, alors je suis venu ici pour faire un peu d’argent. »

Quelques mètres plus loin est installé David, son parterre est bien fourni et varié car c’est un professionnel, il vit de la vente d’objets religieux. « Nous avons des bibles, des rosaires et des images chrétiennes, ce n’est pas cher. Les prix s’étalent de 500 à 5 000 schillings [0,14 à 1,40 euros], mais les ventes sont très basses, les gens n’achètent pas, ils sont intéressés, ils regardent les objets, ils les admirent mais ils n’achètent pas. »

Malgré les milliers de personnes, les vendeurs peinent à écouler leurs marchandises affirment-ils. En cause, selon eux, le manque de moyens des fidèles.