RCA: le pape François dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur

Des enfants du camp de Saint-Sauveur dans l'attente du souverain pontife.
© REUTERS/Stefano Rellandini

Le pape François, après s'être rendu au Kenya et en Ouganda, est arrivé ce dimanche en République centrafricaine (RCA), l'étape la plus risquée de son voyage où des mesures de sécurité drastiques ont été prises pour assurer sa sécurité. Le pape François a tenu à porter aux Centrafricains, chrétiens comme musulmans, un message de paix. Il s’est rendu dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur. Le chef de l’Eglise catholique achève ainsi une visite en Afrique qui l’a également conduit au Kenya puis en Ouganda.

A peine arrivé dans le pays, le souverain pontife s'est rendu dans le camp de déplacés de Saint-Sauveur. Face à ces réfugiés, le pape François a délivré un message de réconciliation.

Ce camp était presque vide, fin septembre, après l’amélioration des conditions sécuritaires à Bangui. Mais fin septembre, d’intenses violences ont éclaté faisant près de 80 morts et 400 blessés et le camp s’est à nouveau rempli. Ils sont aujourd’hui près de 4 000 à y dormir dans des conditions insalubres.

Les ONG ont dû remettre sur pied leur programme d’urgence comme réinstaller des latrines. C’est une population à bout de nerfs que le pape François est allé voir, une population déplacée à de multiples reprises.

Comme à son habitude, le pape s’est joué des consignes de sécurité. Il a simplement fendu la foule, s’écartant de ses gardes du corps, pour aller toucher le front des enfants, embrasser des petites filles et bénir des infirmes qui avaient été placés là, par les déplacés, avant de prendre rapidement la parole pour délivrer un message de paix, de réconciliation.

« La réconciliation, on en veut nous aussi », a confié, juste après, à RFI, une déplacée du camp avant de préciser que, depuis un an, elle était déjà retournée chez elle « trois fois » et « trois fois, j’ai été obligée de fuir et de revenir ici, dans ce camp de déplacés », a-t-elle ajouté.

Résister à la « tentation de la peur de l'autre »

Accueilli triomphalement, ce dimanche, à Bangui, le pape François a appelé les Centrafricains à résister à la « tentation de la peur de l’autre », de ce qui « n’appartient pas à notre ethnie, à nos options politiques ou à notre confession », a-t-il précisé avant d’ajouter qu’il espère que les élections présidentielles et législatives dont le premier tour est prévu le 27 décembre vont aider la Centrafrique à ouvrir « une nouvelle étape ».

La présidente Catherine Samba-Panza a, de son côté, demandé « pardon » pour « tout le mal » commis par les Centrafricains depuis 2013.

« Il revient aux filles et aux fils de ce pays de reconnaître leurs fautes et demander un pardon sincère que votre bénédiction transformera en un nouveau levain pour la reconstruction du pays », a-t-elle dit au pape.

Paroles de fidèles qui attendent, sur le bord de la route, le passage du pape François
29-11-2015 - Par Pierre Pinto