RCA: la visite du pape sous le signe de la paix et de la sécurité

A Bangui, ce 29 novembre, le pape François bénit de jeunes enfants;
© REUTERS/Stefano Rellandini

Après le Kenya et l’Ouganda, le pape François se trouve à Bangui en RCA ce dimanche 29 novembre en fin de matinée, dernière étape de sa tournée africaine. Une visite qu'il a tenu à maintenir malgré les risques et qu'il place sous le signe de la paix et de la réconciliation. Les Centrafricains attendent avec impatience le souverain pontife en qui ils placent d'immenses espoirs.

A Bangui, depuis quelques jours, blindés blancs et casques bleus sont visibles partout, patrouillant sur les avenues fraîchement bitumées. Plus de 3 000 militaires onusiens, appuyés de 500 gendarmes et policiers centrafricains, et des militaires français de Sangaris : 900 hommes qui se tiennent prêts.

La France ne sera donc qu'en « troisième rideau », comme le précise le colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major des armées. « Nous nous engageons régulièrement aux côtés de la Minusca dans les quartiers les plus sensibles actuellement, le 3e et le 5e arrondissement, explique-t-il. C’est la zone de friction autour de Fatima, la zone de confession musulmane et immédiatement au sud, la zone de confession chrétienne. Pour nous, il n’y a pas de changement, la répartition des rôles est bien établie aujourd’hui. La sécurisation de la ville sera établie en liaison entre les forces centrafricaines et la Minusca. Et la Minusca sait qu'en cas de difficultés dans certains segments, elle peut faire appel à la France. »

Ferveur

Un imposant dispositif de sécurité est déployé pour éviter les incidents et encadrer la foule des dizaines de milliers de pèlerins et fidèles attendus à Bangui ce dimanche et lundi.

Dans la capitale centrafricaine, la ferveur s'est déjà emparée des habitants qui espèrent que le pape réussira à faire rentrer dans les esprits l’impérieuse nécessité de la paix et de la réconciliation.

Un programme chargé de symboles

Durant sa visite, François compte bien multiplier les symboles : il visite un camp de déplacés avant de se rendre à la cathédrale de Bangui où il ouvrira la Porte Sainte qui marquera le début du Jubilé, une année placée sous le signe du pardon.

Puis, lundi, le souverain pontife se rendra à la mosquée centrale de PK5, ce quartier enclavé où vivent chrétiens et musulmans pour plaider la réconciliation. Car ici, même les musulmans attendent le pape avec impatience.

« Nous l’accueillons à bras ouverts, souligne Ahmat Deliris, deuxième vice-président de la communauté musulmane de Centrafrique. (…) Si vraiment le message du pape est écouté par le Centrafricain, c’est une bonne chose. En tant que serviteur de Dieu, il va nous laisser ce message : la paix, le vivre ensemble, et le passé c’est le passé. Enterrons le passé. Et continuons l’avenir. On attend ce message. La communauté musulmane aussi a un message à adresser au pape pour lui dire que nous sommes des Centrafricains tout court. Chacun a sa façon de prier. Mais c’est notre pays à nous tous, personne n’a le monopole de ce pays. »

Enfin, il dira une messe au grand stade de Bangui, point d’orgue de sa visite.

Point de départ vers la paix, miracle ou déclic... En Centrafrique ces derniers jours, les mots peuvent être différents, mais les espoirs restent les mêmes.

C'est une visite cruciale pour décanter la situation, qu'il nous amène la paix et la cohésion sociale.
Pourquoi les Centrafricains attendent le pape avec impatience ?
29-11-2015 - Par Pierre Pinto