Burundi: un haut gradé de l'armée tué dans un bar à Bujumbura

Des soldats patrouillent près de Bujumbura, le 5 juin dernier, à proximité de la résidence d'un membre du CNDD-FDD incendiée par des manifestants.
© AFP PHOTO / CARL DE SOUZA

Au Burundi, malgré les opérations de désarmement, les violences se multiplient avec un nouvel assassinat dimanche 29 novembre au soir. Un haut gradé de l’armée a été tué dans une attaque contre un bar du sud de la capitale Bujumbura. On compte également deux blessés graves dont le propriétaire de l’établissement.

Dimanche soir vers 20h dans le quartier de Kibenga, un homme entre dans un bar, commande à boire et ouvre le feu. Un haut gradé de l’armée, le major Salvator Katihabwa, est tué et deux personnes sont grièvement blessées. Parmi elles, le propriétaire de l’établissement. Sa femme est la première vice-présidente du Sénat, un membre très influent du parti au pouvoir. « C’est clairement une tentative d’assassinat, affirme un habitant, "l’assassin" n’a rien volé. »

La famille évoque quant à elle un « crime politique », car les membres du CNDD-FDD sont régulièrement visés depuis le début de la crise en avril dernier. Vendredi un conseiller au cabinet du président de la République a échappé à un attentat qui a coûté la vie à son garde du corps. Mais l’armée en fait également les frais puisque samedi, c'est le commandant de la Ve région militaire qui a été blessé dans une embuscade.

Au Burundi, ni l’annonce d’un dialogue national, ni les opérations de désarmement menées par les autorités ne semblent pouvoir endiguer les violences. Pourtant, dans un communiqué publié dimanche 29 novembre, le ministère de la Sécurité publique a jugé que la situation sécuritaire a été « globalement bonne au cours de l’année 2015 », malgré quelques « cas de criminalité ». Plus tard dans la soirée, quatre coups de feu ont été tirés, tuant un conducteur de moto-taxi selon la police, qui n'a pas précisé pas l'origine des tirs.