Burkina Faso: gagnants et perdants célèbrent la réussite des élections

Les supporters du nouveau président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, célèbrent sa victoire, le 1er décembre 2015.
© REUTERS/Joe Penney

Il y a un an et un mois, Blaise Compaoré fuyait le Burkina Faso, chassé par la rue. Un an plus tard, la transition politique est bien là et le pays tient son futur chef de l'Etat : Roch Marc Christian Kaboré. Ce n'est pas un inconnu, il a été plusieurs fois ministre sous l'ancien régime, président de l'Assemblée nationale entre 2002 et 2012, avant de quitter le parti au pouvoir au début de l'année dernière pour fonder son propre mouvement le MPP, le Mouvement du peuple pour le progrès. Et ce mardi, ses partisans sont fous de joie.

Les partisans de Roch Marc Christian Kaboré ont fêté toute la nuit la victoire du candidat du parti MPP, dans les rues de Ouagadougou et de Bobo Dioulasso. « On est très contents. Nous sommes sortis pour manifester la joie, la victoire du MPP ! Victoire, victoire, victoire ! », crie l’un d’eux.

« C’est la victoire de tout un peuple. Le MPP, c’est un pas pour le peuple burkinabè et le peuple burkinabè est ensemble derrière le président Roch Marc Christian Kaboré. On a prouvé qu’il y a la démocratie, la vraie démocratie au Burkina Faso. Après 27 ans de pouvoir où on n’a pas pu manifester concrètement de qu’on voulait en démocratie et voilà maintenant qu’on manifeste avec la victoire du MPP, la victoire du Roch, la victoire de tout un peuple burkinabè », s’enthousiasme un autre soutien du nouveau président.

Une défaite pleine de philosophie pour le camp Diabré

Les soutiens de Zéphirin Diabré ne s'attendaient pas à une défaite de leur candidat UPC dès le premier tour, mais pas d'amertume ni d'esprit de revanche chez eux, car la démocratie l'a emporté : « C’est sûr, je suis que je suis déçu, car mon candidat n’a pas gagné. Mais quelque part aussi, je suis content parce que c’est l’expression de la démocratie. Après ce que le peuple burkinabè a traversé, aujourd’hui on est contents. C’est quelque part une satisfaction, c’est une victoire. »

Un autre soutien de Diabré poursuit : « En tant que militants de l’UPC, c’est pour nous une déception parce que nous nous sommes battus pour cette élection présidentielle et nous nous n’attendions pas à ce résultat. Pour nous, le minimum c’était d’aller à un second tour, mais c’est avec fair-play que nous prenons [en compte] les résultats. » Et sans découragement : « On n’est jamais découragé, on est toujours là. Nous allons toujours continuer afin que rayonne le flambeau de l’UPC au Burkina Faso, c’est-à-dire le véritable changement. »

Vers une ouverture politique ?

Zéphirin Diabré, arrivé en deuxième position, s'est même rendu physiquement à la rencontre de son rival pour le féliciter. Il a reconnu sa défaite dès minuit, avant même la proclamation des résultats. Faut-il voir une main tendue de Roch Marc Christian Kaboré ? Cette nuit, le président élu a fait part de sa volonté de rassembler tous les Burkinabè : « Le sentier qui s’ouvre devant nous exige la pleine participation des fils et des filles du Burkina Faso, engagés dans la lutte pour le progrès et l’amélioration de la gouvernance du pays. C’est pourquoi, je voudrais féliciter et remercier tous les candidats à l’élection présidentielle pour leur amour pour la patrie et les encourager à continuer dans la tolérance et l’acceptation de la différence à rechercher les synergies d’actions pour la construction de notre chère patrie. »

Le parti de Blaise Compaoré, le CDP, n'a pas pu présenter de candidat, car ceux qui ont porté la réforme constitutionnelle décriée de 2014 n'avaient pas le droit de participer au scrutin. Un scrutin qui met un terme à une année de transition chaotique et qui s'est déroulé dans le calme et la sérénité. Le président de la Commission électorale s'en est félicité et le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, l'a salué.