Burkina Faso: les raisons de la victoire de Roch Kaboré

Affiche de campagne du nouveau président élu du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré, le 30 novembre 2015.
© REUTERS/Joe Penney

Ce mardi, le Burkina Faso s'est réveillé avec un nouveau président démocratique élu. Roch Marc Christian Kaboré est arrivé largement en tête après le premier tour, dimanche 29 novembre, de l’élection présidentielle, loin devant son principal rival Zephirin Diabré, qui a immédiatement reconnu sa défaite. Une victoire nette et sans bavure.

On peut expliquer cette large victoire par la popularité de l’homme. Roch Marc Christian Kaboré était déjà un homme populaire lorsqu’il était dans le régime Compaoré et il le fut plus encore après avoir claqué la porte du CDP, le parti de Blaise Compaoré.

Le deuxième facteur, c’est peut-être que Roch a récupéré une grande partie de l’appareil politique du CDP, notamment Salif Diallo et Simon Compaoré, ce qui avait fait du parti du président Compaoré, une machine à gagner les élections. Le MPP, le parti de Roch, est devenu en quelque sorte un « CDP bis » sur le plan organisationnel et sur le plan des moyens financiers. Ce fut de loin le parti le plus riche et le plus présent sur le terrain.

Le troisième facteur, c’est peut-être le fait que la classe politique ne s’est pas régénérée pendant cette transition. La révolution a été menée par la société civile qui avait choisi de ne pas faire de politique ensuite, et c’est tout à son honneur, mais le revers de la médaille, c’est qu’aucun homme neuf ou aucun leader incarnant cette révolution de 2014 n’a émergé et le champ a donc été laissé libre au parti traditionnel.

Une légitimité dans les campagnes

Autre point, les électeurs ont boudé la profusion de l’offre électorale. Sur les 14 candidats, les deux premiers recueillent près de 85% des voix. « On a voté utile », et les votes ne se sont pas dispersés, ce qui a bien entendu facilité la victoire au premier tour pour Roch Kaboré.

Enfin, on peut aussi citer des phénomènes sociologiques ayant trait à la mentalité des peuples. Roch était déjà depuis des années dans la peau du dauphin de Blaise Compaoré avant de rompre avec lui et il y a, notamment dans les campagnes, une forme de légitimisme qui conduit à voter pour celui que l’on connaît le mieux ou celui qui incarne les habitudes sociales et politiques.

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