Climat: au Sénégal, la côte atlantique rongée par l'océan

Une plage de Bargny grignotée petit à petit par l'océan Atlantique. Décembre 2015.
© RFI / Guillaume Thibault

« Les conséquences néfastes du changement climatique, nous les vivons déjà. Alternance de sécheresse et d'inondations, désertification et érosion côtière », a déclaré Macky Sall, le président du Sénégal, à la tribune de la COP21. Au sud-est de Dakar, à 30 kilomètres en longeant la côte atlantique, la commune de Bargny est directement affectée par les modifications du climat. Reportage.

Mer d'huile, enfants qui jouent dans l'eau, l'image est trompeuse. Ici, le bord de côte est directement attaqué par la houle. Et ce phénomène n'est pas récent, explique Adia. « Avant, je courrais jusqu'à cette pirogue là, à 400 mètres, raconte cette habitante de 63 ans. C'était encore le rivage là-bas. Mais maintenant, les murs s'effondrent. Tout est [tombé] dans la mer. »

De la même génération, Youssou a vu les présidents passer un par un, mais regrette une chose : rien n'a changé. « Ça ne date pas d'aujourd'hui, dit-il, nos gouvernants ont commis de graves erreurs dans ce domaine. Ils ne percevaient pas l'avancée de la mer. »

Digues de protection

La maison de Souleymane est maintenant tout au bord de l'eau. Il n'a plus que ses idées et la débrouille pour la protéger. « Nous remplissons les sacs de riz vides avec le sable pour essayer de faire des barrages. On a que ça. »

Abdoulaye, assis devant sa canne à pêche, a son idée pour arrêter l'avancée des eaux : « Une digue de protection pour que l'eau ne puisse pas rentrer dans les maisons. » Une digue faite de gros blocs de pierre, cette solution a été choisie pour protéger la ville voisine de Rufisque. Une solution qui coûte cher mais qui est très efficace.

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