COP21: un mini-sommet africain pour relever les défis du continent

La chef de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma et François Hollande, le 1er décembre 2015 lors du mini-sommet «défli climatique et solutions africaines»..
© RFI/Pierre René-Worms

Dans le cadre de la COP21, la France organise ce mardi un mini-sommet consacré à l’Afrique et baptisé « Défi climatique et solutions africaines », auquel François Hollande doit participer. Des engagements financiers de plusieurs milliards de dollars sont attendus. La Banque mondiale s'est elle déjà engagée à rassembler 16 milliards de dollars d’ici 2020.

Paris le sait, l’Afrique attend de la COP21 des engagements concrets et rapides. Et ce sommet sera peut-être l’occasion de les rassurer. Au total, une vingtaine de délégations sont attendues, 14 chefs d’Etats et de gouvernements africains, mais aussi des bailleurs qui devraient s’engager à financer des projets identifiés comme prioritaires pour l’Afrique.

Ecologie et insécurité

La promotion des énergies vertes d’abord, sur un continent où 600 millions d’habitants n’ont toujours pas accès à l’électricité et où, en 2013 ce type d’énergie ne constituait que 5 % de la production. Autre priorité, relancer le projet de Grande muraille verte. Cette idée d’un vaste mur de verdure d’est en ouest du continent vise à freiner la désertification. Lancé en 2007, ce projet a connu un succès mitigé jusqu’à présent.

Enfin, ce sommet se penchera sur la restauration du lac Tchad, gagné par la désertification et l’insécurité alimentaire. Il s'agit d'un choix écologique, mais aussi politique pour Paris, car « quand on parle du lac Tchad, on parle Boko Haram, explique une source à l’Elysée. Nous luttons contre ce groupe militairement mais il faut penser à l’après, en développant ces territoires », explique cette source.

L'engagement de la Banque mondiale

Dans cette logique d'aider l'Afrique à lutter contre le changement climatique, la Banque mondiale a elle aussi lancé un plan d'action qui ambitionne de rassembler des financements à hauteur de 16 milliards de dollars d’ici 2020. L’institution internationale s’est engagée à contribuer pour sa part à hauteur de près de 6 milliards de dollars, qui seront eux essentiellement des dons. Son Plan climat a été présenté lundi en présence de plusieurs chefs d’Etat.

L’objectif de ce plan est de promouvoir une croissance forte mais propre dans les pays les plus pauvres. Le plan d’action de la Banque mondiale soutiendra des initiatives concrètes, telles que la promotion de certaines pratiques agricoles intelligentes, des programmes de lutte contre l’érosion des côtes ou de soutien au service de météorologie. « Prenons une initiative régionale, [...] beaucoup de pays font face à des cycles de sécheresse et d’inondation, par exemple la zone du Zambèze, du Mozambique et du Malawi. Nous avons travaillé avec l’initiative Hydromètre qui permettra de mesurer exactement et d’avoir des systèmes d’information. Au niveau régional également, [...] nous avons tout le programme de développement autour du fleuve Niger », explique Makhtar Diop, vice-président de la Banque mondiale chargé de l’Afrique.

Toutes ces initiatives spécifiques entreront dans le champ du Plan climat. Ce dernier a été salué lundi, jour d'ouverture du sommet de l'ONU pour le climat au Bourget par les présidents du Togo, du Gabon et du Sénégal notamment. Les chefs d’Etat ont souligné l’importance d’harmoniser et d’unifier toutes les initiatives du genre pour être efficace dans un délai très court.