Au Kenya, une simulation d’attaque terroriste tourne au drame

Des étudiants tentent de retrouver leurs affaires, qu'ils ont abandonnées dans la panique de l'exercice de simulation, menée lundi dans leur université.
© REUTERS/Thomas Mukoya

A Nairobi, la simulation d'une attaque terroriste a eu des conséquences dramatiques, lundi 30 novembre. Un test de sécurité, mené sur le campus de l'université, a provoqué un mouvement de panique. Une personne a été tuée et 40 autres ont été blessées, dont deux très grièvement.

Une employée de l'université a été tuée et plusieurs étudiants ont été blessés dans un violent mouvement de panique provoqué par un exercice de sécurité. En quelques secondes, lorsque les étudiants et le personnel ont entendu des tirs et vu des hommes vêtus de noirs surgir sur le campus, ce fut le chaos. Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des étudiants dangereusement perchés, debout, sur des corniches étroites aux troisième et quatrième étages d'un bâtiment.

Les victimes souffrent de blessures liées à des défenestrations, ont expliqué les services hospitaliers. La plupart des témoins ont dit ne pas avoir été prévenus de l'organisation de cet exercice. « C'est très grave de ne nous avoir rien dit. Après avoir entendu des tirs, j'ai couru parce qu'il y avait des gars habillés comme les shebab, comme ceux que nous avons vus au Westgate », a raconté Joseph, un étudiant, interrogé par une radio locale.

Garissa et Westgate

Cette simulation, organisée avec la police, visait « à tester la préparation de la communauté universitaire et des équipes de secours en cas d'attaque. Malheureusement, certains étudiants et membres du personnel ont paniqué et ont été blessés », explique un communiqué publié par la direction de l'université. Celle-ci a ajouté que l’exercice visait à vérifier la bonne connaissance des issues de secours et des points de rassemblements, mais n'avait pas pris en compte les éventuels mouvements de panique.

Ce drame intervient dans un contexte de violences terroristes croissantes. En avril, un commando des islamistes somaliens shebab avait donné l'assaut à l'université de Garissa, dans l'est du Kenya, faisant 148 morts, dont 142 étudiants, la plupart exécutés de sang-froid.

(Avec AFP)