RCA: la visite du pape François a soulevé l'espoir d'une réconciliation

Le pape François arrive dans le stade de Bangui, acclamé par la foule, pour donner une dernière messe avant son départ de RCA, le 30 novembre 2015.
© REUTERS/Stefano Rellandini

Le pape François a quitté lundi Bangui pour Rome, au terme d'une tournée africaine au Kenya, en Ouganda et en Centrafrique. Ses deux jours de déplacement à Bangui, placés sous la surveillance de la force onusienne (Minusca), auront suscité la ferveur des Centrafricains. Ferveur et espoir dans une paix et une réconciliation que le pape a prêchées à chaque étape de sa visite.

Pendant les deux jours de cette visite papale, trois mots auront été martelés dans les discours, ceux de François et ceux de ces interlocuteurs : paix, pardon et réconciliation. Des paroles associées à des actes, comme la visite de François à la mosquée centrale au PK5, lieu symbolique puisque c’est le dernier quartier de Bangui où vivent encore des musulmans. Le souverain pontife s’est entretenu avec l’imam de la mosquée : « Chrétiens et musulmans sont frères », a-t-il lancé.

Pour Léopold, c’est ce lien entre les communautés que le pape a tenté de renouer : « En fait, il n’est pas seulement venu pour les catholiques, il est venu pour toutes les communautés. Vous voyez ici, il y a des protestants, donc c’est normal qu’il se rende chez les musulmans pour dire la paix, c’est tout à fait normal ».

Promouvoir le pardon

L’autre symbole fort de ce voyage aura été l’ouverture de la porte sainte de la cathédrale de Bangui, geste qui marque le début du jubilé de la Miséricorde. Par ce geste, le pape a souhaité ouvrir en Centrafrique une période de pardon. « La paix sans pardon n’est pas possible », a-t-il d’ailleurs expliqué aux 4 000 déplacés de la paroisse Saint-Sauveur où il s’est rendu lundi. Le soir dans son homélie à la cathédrale, François a appelé les fidèles à se prémunir « contre la tentation de la vengeance et contre la spirale de représailles ».

Cette visite, espèrent beaucoup, marquera l’ouverture d’une époque nouvelle vers des cieux plus cléments pour la Centrafrique, c’est ce que pense en tout cas Michel : « C’est une visite qui va impulser un nouveau départ pour la réconciliation et le vivre ensemble. Les liens sociaux se sont effrités et les Centrafricains ne savent pas sur quel pied maintenant reconstruire la paix et réinventer le vivre ensemble. Je pense que la venue du pape va nous réconforter et faire en sorte que les Centrafricains puissent renouer avec la paix. »

Quelles retombées ?

Autre temps fort, un discours à la présidence, au cours duquel il a espéré que les élections à venir permettent au pays d’entamer une nouvelle étape de son histoire.

Lundi, le pape a appris que deux ou trois personnes, selon les sources, avaient été tuées quelques heures avant son arrivée dans le quartier de Fatima, quartier meurtri par les violences de septembre et octobre. Donnant de nouvelles sueurs froides à son service d’ordre, le pape aurait demandé s’il était possible de s’y rendre. Le nonce aurait répondu par la négative.

Le passage du pape François restera dans les mémoires, mais son message sera-t-il suivi d'effet ? Sera-t-il entendu ? Tout ne se fera pas en un jour, estime Alice : « On espère que sa visite dans chacune des communautés constituera vraiment une étape dans le processus de réconciliation. Le message est passé, mais les plaies restent encore ouvertes et elles se refermeront progressivement, ce ne sera pas d’un coup. Cela va prendre du temps. »