Mali: l’imam Mahmoud Dicko suspecté de faire l’apologie du terrorisme

Mahmoud Dicko, le président du Haut conseil islamique, au stade du 26-Mars, à Bamako, le 12 août 2012.
© REUTERS/Adama Diarra

Polémique au Mali. Tout commence par un entretien accordé à la presse locale par le très affable imam Mahmoud Dicko - aussi président du Haut conseil islamique du Mali, instance qui fédère les principales associations musulmanes du pays. L'imam Dicko y parle de l'attaque terroriste contre l'hôtel Radisson Blu de Bamako, de celles de Paris et de Tunis, les condamnent, mais derrière lesquelles il voit aussi une punition divine. Sa sortie suscite de très nombreux commentaires au Mali.

Dans l’entretien, l’imam Mahmoud Dicko, commence par l’attaque de l’hôtel Radisson Blu de Bamako, qui pour lui est « un acte condamnable ». Et il poursuit : « L’être humain est sacré. La religion musulmane ne dit à personne de tuer en son nom ». Jusque-là, pas de problèmes.

Mais l’imam Dicko déclare un peu plus loin : « Nous devons tirer les leçons des attentats à Paris comme à Bamako, Tunis ou ailleurs dans le monde. » Il y voit également une punition divine : « Dieu est en colère. Les hommes ont provoqué Dieu. Ils ont demandé et exigé même la promotion de l’homosexualité. »

Pour des journaux locaux, pour des Maliens, c’est la phrase de trop. Le procureur général près la cour d’appel de Bamako, par exemple, parle d’« apologie du terrorisme, ce qui est inacceptable ».

« L’attaque du Radisson Blu de Bamako, comme celles de Paris, n’ont d’autres justifications que la haine qui profite à la bêtise humaine », signe de son côté un éditorialiste malien.

La polémique risque de se poursuivre. Ce mercredi par exemple, une association malienne soutenant l’imam Mahmoud Dicko envisage de monter à son tour au créneau.