Climat: les bidonvilles ougandais très touchés par des pluies intenses

Les pluies sont de plus en plus violentes en Ouganda à cause du réchauffement climatique et ravagent de plus en plus souvent les quartiers pauvres. Ici à Kalerwa, dans la banlieue de la capitale ougandaise Kampala.
© AFP PHOTO/ Peter BUSOMOKE

En Ouganda, le phénomène climatique El Niño est particulièrement virulent cette année. Des pluies diluviennes s'abattent sur le pays, poussant plus de 1500 personnes à fuir leurs maisons. Les autorités craignent des épidémies de dysenterie, de typhoïde et de choléra. Dans la capitale Kampala, les fortes pluies coupent les routes, mais ce sont surtout les habitants des bidonvilles qui sont touchés. Reportage.

Quelques heures de pluies intenses peuvent suffire à inonder les maisons, surtout dans les bidonvilles comme à Bwaise. Ce mardi 1er décembre, on a évité le pire, mais la peur de l'inondation est toujours présente. « Il pleut tous les jours, assure Ruth, une habitante du quartier. L'eau entre à l'intérieur. C'est un problème car on sait que les maladies peuvent venir de là. Nous n'avons pas d'installations pour les toilettes, nous y allons juste comme ça. »

John profite d'une accalmie pour laver la moto de son patron. Mais quand la pluie tombe au plus fort, le temps est comme figé. « Parfois, il pleut tellement que les gens sortent de leurs maisons, explique-t-il. Nous avons trop peur de cette pluie. Les gens ne peuvent pas bouger, ne peuvent pas parler. L'eau est partout à l'intérieur des maisons. Les gens ne peuvent pas dormir. Les gens sortent dehors avec leurs matelas. Beaucoup de gens n'ont nulle part où aller. Donc quand il pleut, les gens ont vraiment peur. »

Crainte des maladies

Entre les maisons faites de bric et de broc, l'odeur est forte. Ici, les canaux d'eaux usées passent au pied des habitations et débordent dès que le niveau est trop élevé. Comme tout le monde ici, Delphine craint les maladies. « Le choléra... Les jeunes enfants se jettent dans les eaux usées... Nous avons besoin de l'aide du  gouvernement. »

A Kampala, des systèmes de drainage pour limiter les conséquences des pluies ont été construits, mais ils restent insuffisants. Les autorités estiment que cette année, la crise liée à El Niño sera la plus sévère de ces deux dernières décennies.L'institut météorologique d'Ouganda prévoit d'ailleurs que le phénomène perdure jusqu'au mois de février.

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