Présidentielle aux Seychelles: James Michel brigue un troisième mandat

Le président de la République des Seychelles James Michel, le 28 septembre 2015, à New York.
© JP Yim/Getty Images/AFP

Aux Seychelles, c'est ce jeudi 3 décembre que démarre le processus électoral du scrutin présidentiel. Prévue pour durer trois jours, cette élection anticipée doit désigner le chef de l'Etat de cet archipel de 115 îles, étalé sur des milliers de kilomètres, et dirigé depuis 2004 par le président James Michel, âgé de 71 ans. Celui-ci, qui a convoqué cette élection anticipée début octobre suite à une scission dans les rangs de son parti, brigue un troisième et dernier mandat. Et il espère pouvoir être réélu dès le premier tour.  

C'est peut-être grâce à son allure athlétique et ses gestes calmes que James Michel a réussi à être, avant tout, le président d’une transition pacifique. Il faut dire que cet ancien instituteur, devenu le bras droit de « l'avocat des pauvres » France-Albert René après son coup d'Etat de 1977, a hérité d'un pays fragile : après 27 ans de régime autoritaire dans la mouvance marxiste, proche de Cuba et de l’Albanie, la mainmise du parti unique auquel il a appartenu a laissé des traces dans de nombreuses familles de l’archipel.

Par ailleurs, ballotée au gré des péripéties de la fin de la guerre froide et des colères du président France-Albert René, de plus en plus irascible, la diaspora est nombreuse, au Royaume-Uni, ancienne puissance colonisatrice, mais aussi en Afrique du Sud et en Australie.

Pendant les années « Ti France », le surnom de France-Albert René, James Michel est un élément important, mais discret, du système en place. Lorsqu'il succède à son mentor, qui prend sa retraite en 2004, celui qui était alors vice-président doit gérer un système revenu au multipartisme depuis neuf ans, certes, mais où les rancœurs sont tenaces, et l'administration toujours verrouillée par l'ancien parti unique.

2006, première élection libre depuis 30 ans

Malgré tout, il est élu président en 2006, lors de la première élection libre depuis trente ans, et engage l'archipel sur la voie de la démocratie libérale. Mais suite à la crise financière en 2008, le pays est au bord de la banqueroute. Il faut assainir les finances, gérer la dette colossale et réduire le budget de l’Etat, ce que fait James Michel malgré la grogne populaire dans cette destination touristique de luxe.

Réélu en 2011, James Michel faisait face jadis au Parti national des Seychelles du prêtre anglican Wavel Ramkalawan, seule force d’opposition d’importance, plutôt ancrée à droite. Mais son opposition aujourd'hui est plus large : des cadres de son propre parti ont claqué la porte cette année et créé L'Alliance seychelloise, disant vouloir libérer l'administration de la corruption et sortir enfin d’un système sclérosé.

La réélection de James Michel n'est donc pas assurée, lui qui entend pourtant prendre sa retraite après un dernier mandat, qu’il pense pouvoir remporter dès le premier tour. L'opposition, de son côté, a juré de s'unir contre lui, en cas de second tour.

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