Assaut d'Olodio: entre Liberia et Côte d'Ivoire, une frontière poreuse

Des soldats des forces républicaines ivoiriennes lors d'une patrouille à Dabou, le 16 août 2012.
© REUTERS/ Thierry Gouegnon

Les spéculations vont bon train après l'attaque qui a eu lieu mercredi 2 décembre dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et qui a fait 11 morts, dont 7 soldats ivoiriens. Plusieurs assaillants ont été arrêtés, et l'enquête ne fait que commencer. Mais c'est vers le Liberia voisin que beaucoup de regards se sont tournés. D'après de nombreux témoins, c'est de là que les assaillants seraient venus.

C'est dans une région difficile d'accès, défavorisée et connue pour son instabilité qu'a eu lieu cette attaque. Une zone où agissent certains trafiquants et où, selon de bons connaisseurs, on peut croiser d'anciens miliciens depuis les crises qui ont frappé le Liberia puis la Côte d'Ivoire. Les deux pays ne sont séparés que par une frontière poreuse qui pendant les violences post-électorales de 2010/2011 a été traversée par de nombreux Ivoiriens. Ils ont été jusqu'à 220 000 à se réfugier dans les camps du pays voisin.

Aujourd'hui, ils sont encore 38 000. D'après des experts sur le terrain, beaucoup sont des partisans de l'ancien président Laurent Gbagbo. Certains n'ont plus d'endroits où aller en Côte d'Ivoire, leur terre et leur maison a été vendue ou occupée. D'autres, refusent de rentrer pour des raisons idéologiques.

A plusieurs reprises, Alassane Ouattara a appelé tous les exilés et les réfugiés à rentrer dans leur pays. Mais cela fait près d'un an et demi que les retours de réfugiés sont suspendus. Officiellement à cause d'Ebola. Un rapatriement devait avoir lieu très prochainement. Après l'attaque d'Olodio, il pourrait être reporté.