Burundi: un haut responsable de la police visé par une embuscade

Des policiers postés à une barricade durant des protestations contre un troisième mandat du président Nkurunziza, à Bujumbura, le 26 mai 2015.
© REUTERS/Goran Tomasevic/Files

L'un des plus hauts responsables de la police du Burundi a été la cible ce vendredi 4 décembre d'une embuscade à Bujumbura. Une escalade dans la violence entre le régime et les insurgés qui veulent désormais le chasser par la force.

Les attentats ciblés visant de hautes personnalités du pouvoir burundais ne faiblissent pas au Burundi. Fin novembre, un haut cadre du parti et un chef de région militaire avaient ainsi réchappé miraculeusement à des embuscades tendues par les insurgés.

Ce vendredi, ceux-ci ont encore bien choisi leur cible, une personnalité de premier plan : le général Christophe Manirambona, alias « Wakenya », Le Boiteux, un souvenir du temps de la guerre civile alors qu'il était un des combattants de l'ex-rébellion du CNDD-FDD, au pouvoir au Burundi.

Aujourd'hui chef des unités spécialisées de la police nationale, le général Wakenya est « un des hommes-clés » depuis fin avril de la répression des manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza et des violences armées qui les ont désormais remplacées.

Le haut gradé n'était pas dans son véhicule lorsque celui-ci a été attaqué à la roquette sur la chaussée du Peuple-Murundi, l'avenue la plus fréquentée de Bujumbura, qui relie le centre-ville aux quartiers du nord de la capitale. « Trois assaillants ont été abattus, deux autres arrêtés et des armes saisies », selon la police.

Il s'agit de la cinquième figure du pouvoir visée par une embuscade depuis l'assassinat, il a quatre mois, du général Adolphe Nshimirimana, considéré alors comme le véritable n°2 du régime.

Depuis, tous les responsables burundais, déjà sous protection renforcée, vivent désormais dans la hantise d'un attentat. Mais c'est un sentiment totalement partagé par le camp de l'opposition burundaise qui a déjà subi également plusieurs coups : arrestations, assassinats, exécutions extrajudiciaires. Aujourd'hui, la majeure partie de cette opposition vit en exil.