Massacre d'Inal en Mauritanie: Beibacar libéré sous contrôle judiciaire

Vue aérienne de Nouakchott, Mauritanie.
© Wikimedia

En Mauritanie, le colonel à la retraite Oumar ould Beibacar a finalement été présenté à la justice ce jeudi. Il avait été arrêté samedi dernier après avoir évoqué, lors d'une conférence, le massacre de 28 militaires négro-mauritaniens pendus dans le camp d'Inal la veille du 28 novembre 1990, date anniversaire de l'indépendance. Il a été inculpé par le pole anti-terrorisme mais libéré sous contrôle judiciaire.

Depuis son arrestation samedi, les avocats du colonel Beibacar n'avaient pas pu avoir accès à leur client, détenu selon eux, à la Direction générale de la sûreté. Mercredi, après l'expiration du délai de garde à vue, ils avaient saisi le procureur de la République pour demander sa libération immédiate ou l'accès à leur client et son dossier.

C'est finalement hier, jeudi 3 décembre, que l'un des avocats, Me Ebety, a retrouvé le colonel Beibacar devant le procureur de la République pour une audition. Le colonel a ensuite été transféré devant les juges d'instruction du pole anti-terrorisme qui l'ont inculpé d'incitation à la haine ethnique et raciale et d'incitation à l'atteinte à la sûreté de l'Etat. Il a toutefois été libéré sous contrôle judiciaire. Pour Me Ebety, le transfert du dossier devant le pole anti-terrorisme est incompréhensible.

Le colonel Boubeicar avait été arrêté samedi, alors que le pays fêtait ses 55 ans d'indépendance, après avoir donné une conférence intitulée sur le thème « Inal a-t-il définitivement entaché le 28 novembre? » Il y revenait sur la mort de 28 soldats mauritaniens d'origine négro-africaine, pendus le 27 novembre 1990 à la veille des célébrations de l'indépendance dans le camp militaire d'Inal, alors que le pays était en proie à de violents affrontements communautaires.

Pour Me Ebety l'inculpation de son client est une façon d'étouffer toute tentative d'évocation de ces évènements tragiques.