RDC: deux militants de la Lucha emprisonnés à Goma

Vue de la prison de Goma, RDC.
© AFP PHOTO/Tony KARUMBA

En RDC, deux militants du mouvement citoyen « Lutte pour le changement », arrêtés le 28 novembre après une manifestation à Goma, sont détenus depuis mercredi soir à la prison de Munzenze avec sept autres personnes. Le ministère public les accuse d'association de malfaiteurs, car la Lucha n'est pas enregistrée au registre des associations. Selon leurs avocats, les membres du mouvement Juvin Kombi et Pascal Byumanine sont également accusés de rébellion et d’incitation à la révolte pendant cette manifestation qui visait à interpeller les autorités sur la poursuite des massacres à Beni dans le Nord-Kivu.

Difficile de savoir ce qu'il s'est vraiment passé samedi dernier à Goma lors de la dispersion par la police de la manifestation pour Beni. Elle s'est soldée par l'arrestation de deux membres du mouvement Lucha.

Ghislain Muhiwa, militant du mouvement, assure que les accusations de révolte dont ils font l'objet sont sans fondements : « Depuis le début de notre existence, ça fait 3,5 ans, nous n’avons jamais tenu de manifestation où nous avons incité la population à une désobéissance et troublé l’ordre public. Donc, cela fait des choses que nous ne comprenons même pas. Nous savons que c’est la police qui a tiré des balles réelles et il y a eu deux personnes blessées ».

Lambert Mendé, porte-parole du gouvernement, assure de son côté que la police a simplement fait son travail : faire respecter la loi. « Nous sommes un pays de droit. Cette organisation n’est pas enregistrée comme une organisation qui existe en RDC. Vous croyez que je peux venir à Paris, organiser une manifestation sans être enregistré nulle part ? Vous croyez que l’on ne va pas m’interpeller ? C’était une manifestation non autorisée et la police a arrêté les personnes qui ont organisé cette manifestation parce qu’ils perturbaient la fluidité de la circulation et on les a présentés immédiatement au parquet », affirme Lambert Mendé.

Contactée par RFI, la défense des deux membres de Lucha arrêtés attend, ce vendredi matin, la réponse à leur demande de libération conditionnelle.