Amnesty attire l’attention sur deux militants de la Lucha détenus en RDC

Vue de la prison de Goma, RDC.
© AFP PHOTO/Tony KARUMBA

L'organisation Amnesty International a lancé, vendredi 4 décembre, sa campagne annuelle mondiale « 10 jours pour signer ». Jusqu’au 13 décembre, l’organisation invite l’opinion à se mobiliser pour défendre les droits de dix personnes ou causes dans le monde. L'ONG a notamment choisi d'attirer l'attention sur le sort des deux militants de la Lucha Fred Bauma et Yves Makwambala, qui sont détenus, depuis neuf mois, en République démocratique du Congo (RDC). 

La Lucha est un mouvement né à Goma, en 2012, à l'initiative de plusieurs étudiants. Elle est aujourd'hui dans le collimateur des autorités congolaises. Le maire de Goma a d'ailleurs signifié, jeudi 3 décembre, sur les antennes de la radio nationale, que le mouvement était désormais interdit de toute manifestation.

C'est la première interdiction formulée officiellement à la Lucha, mais n’est pas la première dans les faits, comme l’explique Serge Sivia, militant de la Lucha, interviewé par RFI, à Paris, lors de la campagne « 10 jours pour signer ».

« De manière tacite ou informelle, cela a déjà été dit maintes fois. Mais nous, on va se baser sur la Constitution. La Constitution nous garantit la liberté d’expression, nous garantit la liberté de manifestation et, donc, il n’y a rien qui va nous empêcher de faire des actions, tant que nous respecterons les lois du pays », a déclaré Serge Sivia.
Pour Amnesty International, la détermination des militants est justifiée et cette interdiction à manifester est jugée inacceptable.

« Ce n’est absolument pas acceptable d’interdire qui que ce soit de manifester, surtout quand c'est pacifiquement et surtout quand il s’agit de demandes qui sont tout à fait légitimes comme le fait de demander plus de droits et plus de moyens pour les étudiants. Et il est clair qu’on ne peut pas, pour ses intérêts personnels ou pour les intérêts personnels de clans ou encore de mouvements divers et variés, interdire de manifester pour des choses tout à fait légitimes », a déclaré, pour sa part, à RFI, Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France.

Et c'est parce que le combat de la Lucha est légitime aux yeux d'Amnesty que l'organisation invite tous ceux qui le souhaitent à soutenir, par une signature, Fred Bauma et Yves Makwambala, deux militants emprisonnés depuis neuf mois en République démocratique du Congo.