Crise au Burundi: le président béninois approché par l'UA

Le président béninois Boni Yayi,à Pretori, en mai 2014.
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L’Union africaine et les Nations unies ont adopté des résolutions pour encourager le gouvernement et l’opposition opposée à un troisième mandat de Nkurunziza, de se retrouver autour de la table des négociations. La présidence ougandaise était pressentie pour organiser ce dialogue. Mais en l’absence de résultats, l’Union africaine a demandé au président béninois de tenter de débloquer la situation.

La mission de Boni Yayi a été improvisée en marge du sommet Chine-Afrique. A Johannesburg avant-hier, la présidente de la commission de l’UA Nkossazana Dlamini-Zuma lui a demandé de se rendre dès que possible au Burundi.

« Il est francophone, il s’est déjà penché sur des dossiers minés du continent, et Nkurunziza et Boni Yayi sont tous deux évangélistes », fait valoir une source dans l’entourage du président du Bénin.

Cette initiative n’a pas vocation pour l’heure à se substituer à la présidence ougandaise, pressentie pour mener des pourparlers pour le compte de la communauté des Etats d’Afrique de l’Est.

« Personne n’est de trop, car la situation est complètement bloquée au Burundi », ajoute notre source, qui précise aussi que l’initiative a le soutien de plusieurs chancelleries occidentales.

La présidence burundaise insiste sur un dialogue inter-burundais au Burundi conduit par les autorités au pouvoir, elles auraient donc le loisir de fixer les modalités des pourparlers, la liste des participants et donc le lieu des échanges, ce que rejette l’opposition, alors que chaque jour des cadavres ou des blessés sont évacués des rues de la capitale suite aux agressions souvent nocturnes imputées et à des partisans du pouvoir et à une frange de l’opposition.