Kenya: un scandale de corruption portant sur 1,9 milliard d'euros

Les différents scandales au sein du gouvernement et des nombreuses institutions kenyanes ont poussé le président Uhuru Kenyatta à réagir.
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Au Kenya, les scandales de corruption se sont multipliés au cours des derniers mois. Le dernier en date concerne un emprunt sur les marchés obligataires qui se serait, en partie, volatilisé. Et c'est un véritable ultimatum que le ministère public a envoyé, mercredi 2 décembre, à la police et au gouvernement pour qu'ils justifient l'utilisation de cet euro bond d'une valeur de 1,9 milliard d'euros, emprunté en juin 2015. Cette affaire défraie la chronique depuis quelques mois.

Cette fois, le patron du ministère public kenyan a décidé de taper du poing sur la table. Il exige dans sa lettre adressée à la police et à la Commission d'éthique et anti-corruption - l'organisme public chargé de lutter contre la corruption au Kenya - de lui transmettre un dossier complet sur cette affaire, dans les dix jours.

Kariaka Tobiko leur demande « d'interroger, de recueillir des dépositions et obtenir des documents » sur la finalité de cet emprunt obligataire de 1,9 milliard d'euros.

Depuis six mois, le ministre kenyan des Finances, Henry Rotich, assure que cet argent a été dépensé dans le respect des règles comptables du pays. Cependant, il n'en a pas apporté la preuve jusqu'ici, ce qui fait dire aux médias et à l'opposition qu'une partie de cette euro-obligation aurait été détournée.

« On ne peut pas voir une route qui ait été construite, on ne voit pas une seule usine ou une industrie dans laquelle cet argent a été investi. Je crois que c'est difficile de dire dans ces conditions que l'argent a été utilisé proprement », a déclaré à RFI, Paul Wafula, analyste politique au Standard, l'un des grands quotidiens kenyans.

Le Kenya est aujourd'hui confronté à une série de scandales, au sein du gouvernement et de ses nombreuses institutions, qui ont poussé le président Uhuru Kenyatta à réagir.

Cinq ministres impliqués dans des affaires de corruption ont été démis de leurs fonctions fin novembre et une sixième a démissionnée d'elle-même. Le président Kenyatta a annoncé une série de mesures destinées à lutter contre ce fléau. Tout le monde ici attend de voir ses résultats.