Tchad: le gouvernement redoute la continuation des attentats-suicide

13 février 2015. De Ngouboua, petit village sur les rivages du lac Tchad, il ne reste que ruines et cendres. Alors les familles restantes ont rassemblé les affaires qui leur restent et s'apprêtent à quitter leur lieu de vie.
© AFP PHOTO / STEPHANE YAS

Au Tchad, au lendemain d'un triple attentat meurtrier, le gouvernement s'attend à de nouvelles opérations kamikazes dans la région du Lac Tchad. L'opération suicide qui a visé, samedi 5 décembre, un marché à Kelfoua, une des plus importantes îles du Lac Tchad, a fait quinze tués et une centaine de blessés, selon les chiffres officiels. Joint par RFI, Hassan Sylla, ministre tchadien de la Communication, redoute la continuation de ces opérations kamikazes dans cette zone fréquemment visée par l’ex-Boko Haram, rebaptisé groupe Etat islamique en Afrique de l’Ouest.

Les députés tchadiens ont reconduit l'état d'urgence dans cette zone vulnérable le mois dernier. Le recours de plus en plus fréquent à des opérations de type asymétriques « est un signe de désespoir » de la part de la secte, mais elles risquent de continuer à faire couler le sang, assure le ministre tchadien de la Communication, Hassan Sylla.

« La secte Boko Haram est actuellement repoussée dans ses derniers retranchements. Elle ne peut qu’utiliser des femmes et des enfants pour commettre ces actes barbares. Et donc, sentant l’étau qui se resserre autour d’elle, ce sont des actes désespérés qui malheureusement vont encore endeuiller certainement le peuple de la région du Lac Tchad, que ce soit du côté du Cameroun, du Nigeria, du Niger ou du Tchad », a déclaré le ministre tchadien de la Communication.

« Mais nous sommes sûrs que nous arriverons à bout de cette secte. La plus grande partie de la population de cette région coopère déjà avec les forces de défense et de sécurité, mais les îles sont souvent sujettes aux attaques. Il va falloir certainement interdire, ou du moins limiter, les marchés hebdomadaires qui sont loin des zones protégées. Mais la solution sera une solution globale qui verra impliqués tous les pays de la région du Lac Tchad. Et nous, nous sommes convaincus qu’étant défaits sur le terrain militaire, ils ne pourront pas faire grand-chose. Ils vont utiliser encore des enfants et des femmes pour des actes désespérés, mais ce seraient leurs dernières cartouches », a ajouté Hassan Sylla.