Le FMI s'inquiète de l'augmentation de la dette en Afrique subsaharienne

Christian Josz, chef de la délégation du FMI (G), et Mamadou Igor Diarra, ministre malien de l’Économie, lors de la visite du FMI au Mali le 15 septembre 2015.
© RFI/David Baché

En 2005, le G8 avait décidé l’annulation de plus de 100 milliards de dollars de dette pour 14 pays africains. Dix ans plus tard, le poids de la dette dans le PIB de ces pays a retrouvé son niveau d'antan voire l'a même dépassé. Le FMI adresse une mise en garde, pour plusieurs raisons.

Il ne reste rien ou presque des annulations des dettes de 2005. Dix ans plus tard, les plus mauvais élèves d'Afrique subsaharienne ont même dépassé leur taux d'endettement d'alors. Le Ghana par exemple, après avoir ramené sa dette de 48 à 26% de son produit intérieur brut en 2006, est aujourd'hui à près de 73%. Et beaucoup de pays d'Afrique sont concernés puisque 35 d'entre eux ont une dette jugée «à risque».

Le Fonds monétaire international s'alarme dans son rapport d'octobre. Sa principale crainte est que plusieurs de ces pays ne puissent pas rembourser. En cause, l'affaiblissement de l'activité économique en Afrique due notamment à la baisse des cours des matières premières et à un contexte financier international moins favorable.

Entre 2014 et 2015, la croissance de l'Afrique subsaharienne perd près de 1 % et demi. Il y a aussi la situation intérieure de nombreux Etats qui ont investi massivement dans les infrastructures en négligeant parfois d'économiser.

Enfin, conséquence de ces risques, les taux d'intérêts des banques prêteuses montent en flèche parfois à plus de 11%. Le FMI met donc en garde : certains pays pourraient ne pas pouvoir assumer leurs traites.

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