RDC: le maire de Goma interdit les activités de la Lucha

Une vue aérienne de la ville de Goma.
© Photo MONUSCO/Abel Kavanagh

En République démocratique du Congo, le maire de Goma interdit toutes les activités de la Lucha de nature à troubler l’ordre public. La Lucha, c’est ce mouvement citoyen créé en 2012, qui a travaillé par le passé sur la problématique de l’eau dans la capitale provinciale du Sud-Kivu et qui depuis dénonce le non-respect de libertés fondamentales. Leur dernière manifestation avait été dispersée par la police avec un usage abusif de la force, selon l’ONU, mais pour le maire de Goma, cette structure opère en toute illégalité.

A la suite d’une séance de travail avec trois membres de la Lucha, le 30 novembre, le maire de Goma dit dans un communiqué avoir constaté : « Non sans regret, leur incapacité à présenter les documents juridiques de leur organisation qui existe depuis 2012 ».

Pas de statut, ni de règlement intérieur. Parmi les autres documents manquants, toujours selon ce communiqué : l’autorisation de fonctionnement, attestation d’enregistrement, carte de membre, bureau ou même le nom du président. Conclusion selon le maire de Goma, « ils fonctionnent dans l’illégalité totale ». « Nous ne sommes, ni une association, ni une ONG, et nous n'avons pas vacation à l’être », commente un membre de la Lucha qui explique que le mouvement citoyen ne réagira officiellement que ce lundi.

Le maire met en garde les jeunes de la Lucha et ceux qui les soutiennent de près ou de loin, dit encore ce communiqué, sans préciser qui sont ceux qui soutiendraient les actions de la Lucha et qui pourraient donc être visés par ce texte. Le maire exige que la Lucha et leur soutien donc, cessent « toute activité de nature à troubler l’ordre public ». Dernière phrase de ce communiqué: « Les récalcitrants ne s’en prendront qu’à eux-mêmes. A bon entendeur salut ». Signé : le maire de Goma.