Constitution: le président rwandais met en garde la communauté internationale

Paul Kagame lors d'une réunion des chefs d'Etat de l'Union Africaine, le 30 janvier 2015.
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Au Rwanda, le président Paul Kagame a accusé ce dimanche la communauté internationale de s'immiscer dans les affaires rwandaises en critiquant la réforme constitutionnelle devant lui permettre de briguer un 3e mandat en 2017. Il a tenu ces propos lors d'une réunion du FPR, le parti au pouvoir. Mardi, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Samantha Power, avait exhorté le président rwandais à ne pas se représenter. L'Union européenne avait pour sa part estimé qu'une révision constitutionnelle conçue dans l'intérêt d'un seul individu perdait en « crédibilité ».

« Nous pouvons être bons amis, nous pouvons convenir d'être en désaccord, mais la limite est lorsqu'il est question des intérêts des Rwandais », a déclaré Paul Kagame dans un discours mêlant anglais et kinyarwanda.

Mardi, évoquant le vote du Parlement, l'ambassadrice américaine à l'ONU avait indiqué être au courant de « manœuvres parlementaires » au Rwanda. Une phrase qui a particulièrement agacé le président rwandais. « Nos choix sont qualifiés de manœuvres parlementaires, quand nos actes ne correspondent pas aux vœux d'autres nations », a-t-il critiqué face à un parterre de responsables de son parti. « Si vous voulez obtenir quelque chose de moi en me prenant de haut », a-t-il également déclaré « vous pouvez être sûr à 100% que vous ne l'obtiendrez pas. Soyez sûrs que vous aurez l'inverse », a-t-il prévenu.

Paul Kagame, qui a toujours indiqué qu'il ne se représenterait en 2017 que s'il était plébiscité par son peuple, a déclaré aux membres du FPR que sa décision serait « basée sur le (résultat du) référendum » devant entériner la réforme de la Constitution.