Une émission sud-africaine accusée de «promouvoir la culture du viol»

Associations et téléspectateurs accusent les producteurs de l'émission d'avoir fait la promotion d'un viol dans un pays très marqué par les violences sexuelles.
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L'émission de télé-réalité Notre mariage parfait (Our perfect wedding) suit des couples dans la préparation de leur mariage et se veut « un reflet de la société sud-africaine ». Mais le programme, très suivi, est accusé de « promouvoir la culture du viol » après avoir diffusé un épisode mettant en scène un couple qui s'est formé il y a près de 10 ans alors que la jeune femme n'était encore qu'une adolescente. Le témoignage du mari a particulièrement choqué l'opinion publique, et les associations qui militent contre les violences faites aux femmes.

Dans cet épisode, Fanie Mkhwanazi explique, face caméra, comment il a rencontré sa femme Bavelile, alors qu'elle n'avait que 14 ans. A cette époque, l'homme était âgé de 28 ans et conduisait un taxi. Sans complexe, il raconte comment il « ciblait » les écolières qu'il transportait à bord de son minibus afin d'avoir des relations sexuelles avec elles. Le futur marié va même jusqu'à se vanter d'avoir entretenu, à l'époque, des relations sexuelles avec plusieurs mineures, qui se « disputaient ses faveurs », avant que l'une d'elles devienne sa femme.

L'émission de télé-réalité qui suit les préparatifs de ce mariage a choqué en Afrique du Sud, d'autant plus qu'elle a été diffusée pendant la semaine dédiée à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants en Afrique du Sud. Deux plaintes ont été déposées auprès de l'autorité de surveillance de l'audiovisuel sud-africain.

Associations et téléspectateurs accusent les producteurs de l'émission d'avoir fait la promotion d'un viol dans un pays très marqué par les violences sexuelles. Deux gros sponsors, la banque Absa et l'opérateur télécoms Vodacom ont annoncé qu'ils mettaient fin à leur partenariat.

La chaîne qui diffuse Our Perfect Wedding s'est excusée, tout comme la productrice de l'émission, mais celle-ci continue d'être diffusée malgré les appels au boycott.