L'affaire Guillaume Soro à la Une de la presse en Côte d'Ivoire

Le président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, ici en mars 2012.
© SIA KAMBOU / AFP

La justice française est passée à la vitesse supérieure, comme Guillaume Soro n'avait pas répondu aux convocations. La juge d'instruction Sabine Khéris a émis un mandat d'amener à l'encontre du président de l'Assemblée ivoirienne, en déplacement à Paris. Elle veut l'entendre dans le cadre de la plainte déposée par Michel Gbagbo, le fils de l'ancien président ivoirien, pour « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants ». Mais ses avocats protestent, ils soulignent que le parlementaire était en France pour un déplacement officiel dans le cadre de la COP21 et donc, selon eux, protégé par son immunité diplomatique. Une affaire qui fait beaucoup parler à Abidjan.

« Wanted », titre dans un style très Far West le quotidien d’opposition Notre Voix, qui tire « de tous ses colts » sur le président de l’Assemblée nationale, dont l’avis de recherche figure à la Une du journal. La presse d’opposition qui n’épargne guère le deuxième homme de l’Etat.

Ainsi, dans Le Temps, on relate l’agacement de la juge d’instruction française Sabine Khéris, dont toutes les convocations sont restées jusqu’ici lettre morte. Le Temps affirme que selon le pouvoir d’Abidjan et des proches de Guillaume Soro, si celui-ci ne se présente pas devant le juge français, l’affaire pourrait être classée.

Pas une ligne, en revanche, dans le journal Le Patriote sur cette affaire, tandis que Nord-Sud explique pourquoi « Soro est serein ». Se référant à l’analyse d’un juriste, le quotidien avance que d’un point de vue légal cette convocation d’un résident ivoirien, qui plus est mandaté par le président Ouattara pour représenter son pays à la COP21, est une entorse grave au droit international.

L’Expression publie comme beaucoup l’intégralité du communiqué des avocats de Guillaume Soro, dont l’argumentaire juridique « ridiculise », selon le journal, la juge Khéris. Enfin, Le Nouveau Réveil et Fraternité Matin se bornent à publier eux aussi le communiqué de presse des avocats de Guillaume Soro. Des avocats qui se réservent le droit de porter plainte à leur tour contre Michel Gbagbo pour dénonciation calomnieuse.