Côte d'Ivoire: le mandat d'amener de Guillaume Soro levé

Le fauteuil du président à l'Assemblée nationale ivoirienne, à Abidjan, le 8 décembre 2015.
© REUTERS/Luc Gnago

La juge d'instruction française Sabine Khéris a levé ce mardi le mandat d'amener visant le président du Parlement de Côte d'Ivoire, actuellement en France, ont annoncé les avocats de Guillaume Soro dans un communiqué. La justice française recherchait le président de l’Assemblée nationale ivoirienne dans le cadre d'une instruction sur une plainte de Michel Gbagbo, le fils de l'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo.

La magistrate Sabine Khéris a reconnu que Guillaume Soro bénéficiait bien du statut diplomatique. Il était en France pour représenter officiellement la Côte d'Ivoire à la COP21.

Les défenseurs de Guillaume Soro ont pour preuve transmis à la juge les ordres de mission du président ivoirien et celui de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire.

La juge d’instruction française avait délivré ce mandat en fin de semaine dernière après le refus de Guillaume Soro de répondre à plusieurs de ses convocations. Lundi, les policiers se sont présentés à une adresse en région parisienne, mais ce dernier ne s'y trouvait pas.

Les défenseurs du président du Parlement ivoirien s'étaient élevés contre ce mandat d'amener « délivré en méconnaissance des pratiques et des usages diplomatiques admis et reconnus ».

Courroux ivoirien

Mais cette procédure judiciaire visant Guillaume Soro a surtout suscité un véritable tollé à Abidjan où l'ambassadeur de France a été convoqué mardi peu avant midi par le chef de la diplomatie ivoirienne. Le ministre a parlé de « viol complet des accords de coopération ».

Ce mardi après-midi, une trentaine de députés réunis en session extraordinaire ont estimé que cette décision était de nature à nuire au président de l'Assemblée nationale ivoirienne et à l'Assemblée tout entière.

Cette levée du mandat d'amener devrait pouvoir faire retomber la tension entre Abidjan et Paris.

Nous sommes satisfaits de la décision impartiale qui a été prise par Madame la juge d'instruction au vu des documents qui avaient été transmis.
Paul Benoît
09-12-2015 - Par Laetitia Bezain