Procès de hauts gradés au Rwanda: quatre officiers témoignent à charge

Tom Byabagamba, ex-chef de la garde présidentielle, le 29 août 2014, en compagnie de son avocat.
© AFP PHOTO/Stéphanie Aglietti

Au Rwanda, le procès de l'ancien chef de la garde présidentielle Tom Byabagamba et du général en retraite Frank Rusagara a commencé sur le fond. Tout deux sont jugés par un tribunal militaire pour « incitation au soulèvement ou trouble à l'ordre public ». Lors de cette audience au cours de laquelle les prévenus ont une nouvelle fois plaidé non coupable, ce sont les accusations pesant sur le colonel d'active qui ont été débattues. L'arrestation coup sur coup de hauts gradés en août 2014 avait suscité toutes sortes d'hypothèses : fébrilité du régime, complot déjoué ou remise au pas de fortes têtes...

L'accusation dit se baser sur des témoignages de quatre officiers selon lesquels Tom Byabagamba avait l'habitude de déclarer que le gouvernement rwandais était derrière l'assassinat de Patrick Karegeya, l'ancien chef des renseignements rwandais passé dans l'opposition et retrouvé mort visiblement étranglé en Afrique du Sud en janvier 2014. Des propos qui auraient été tenus alors que le colonel d'active occupait des fonctions à l'état-major de la mission de l'ONU au Soudan du Sud. Toujours selon ces témoignages, Tom Byabagamba avait même suggéré aux militaires de « venger » cette mort.

Des procès verbaux montés toute pièce, a réagi à la barre l'ancien tout puissant chef de la garde présidentielle. « Comment des on-dit peuvent-ils servir de preuves ? », a-t-il également déclaré.

Un de ses avocats s'est quant à lui insurgé : l'un des quatre témoins à charge n'est autre que le juge ayant présidé le pré-procès du colonel d'active. « Comment peut-on être juge et témoin dans un même dossier ? », s'est interrogé Me Valery Gakunzi. « Je n'appelle pas ça un procès équitable. »