Burundi: deux camps militaires attaqués dans la capitale

Des officiers de la police patrouillent dans le quartier de Ngagara, à Bujumbura, le 27 avril 2015.
© AFP PHOTO / SIMON MAINA

La nuit a été violente à Bujumbura au Burundi et, ce vendredi matin, le calme semble loin d’être revenu. Deux camps militaires du nord et du sud de la capitale ont été attaqués simultanément à l'aube et les assaillants repoussés après plusieurs heures d'intenses affrontements.

Tout a commencé ce vendredi matin, à l’aube, vers 4 heures (heure locale). Des insurgés armés ont attaqué deux camps militaires. Le premier est situé au nord de la capitale, le camp Ngagara, où les assaillants ne sont pas parvenus à pénétrer et selon des sources militaires, ils ont subi beaucoup de pertes. Dans le sud de Bujumbura, dans le quartier de Musaga qui abrite plusieurs campas militaires, les affrontements ont été très violents. Certains soldats ont rejoint les insurgés et se sont servis en armes dans un camp de base avant de s’introduire dans l’Iscam, l’institut supérieur qui forme les officiers burundais.

A ce moment, les insurgés ont été attaqués par des militaires venus d’une autre caserne toute proche. Il y a eu de violents affrontements qui ont duré plusieurs heures avant que les assaillants ne décrochent. Le porte-parole de l’armée, le colonel Gaspard Baratuza, vient de s’exprimer et de donner un bilan. Douze assaillants ont été tués et 20 capturés, alors que l’armée ne compterait que 5 blessés. Aucune source indépendante ne confirme encore ce bilan puisque la Croix-Rouge n’est pas encore autorisée à se rendre sur place.

Une population entre deux feux

Les habitants de Bujumbura se disent terrorisés. Ils parlent d’explosions, de tirs à la mitrailleuse et d’un déluge de feu comme ils n’en avaient pas entendu depuis la guerre civile pour certains. Après des heures d’affrontements, il semble que le temps soit à l’accalmie pour l’instant même si des tirs sporadiques sont encore entendus dans les quartiers contestataires de Bujumbura.

Les gens sont encore terrés dans leur maison. Certains axes principaux sont toujours fermés à la circulation. Et même si la vie a repris petit à petit dans les quartiers qui ne sont pas touchés, on peut parler d’une ville qui est une ville morte.

Après plus de neuf heures d’affrontements, aucun officier ne s’est encore exprimé. Il y a eu un Conseil des ministres à la présidence de Pierre Nkurunziza. Une réunion  révue depuis deux jours, assure son porte-parole adjoint, consacrée au budget 2016. A la fin de cette réunion, le conseiller en communication du président, Willy Niyamitwé a affirmé sur son compte twitter que le gouvernement n'a pas décrété d'état d'urgence.

Situation tendue depuis plusieurs mois

Les ambassades des Etats-Unis, de Belgique, de France et des Pays-Bas ainsi que l'ONU ont appelé vendredi leurs ressortissants et employés à ne pas quitter leur domicile. Le Burundi est en proie à des violences qui ont déjà fait des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés depuis que Pierre Nkurunziza a décidé en avril de briguer un troisième mandat, qu'il a remporté cet été, ignorant les protestations de l'opposition qui jugeait cette initiative contraire à la Constitution.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a jugé de son côté, il y a dix jours que le Burundi était au bord d'une guerre aux « effets potentiellement désastreux sur une région déjà fragile ».