Burundi: la capitale sous haute tension

Une patrouille de militaires dans le quartier de Musaga, ce vendredi 11 décembre 2015, à Bujumbura.
© STRINGER / AFP

Des affrontements ont duré pendant plusieurs heures dans deux camps militaires de Bujumbura ce vendredi matin, les plus intenses depuis plus de six mois dans la capitale du Burundi. Selon l'armée, il y a 5 blessés dans ses rangs et du côté des assaillants 12 morts et 21 arrestations. On entendait encore des tirs en milieu d'après-midi dans plusieurs quartiers d'une capitale quadrillée par l'armée et où se poursuivent des opérations de ratissage.  

La police a procédé à de nombreuses arrestations dans les quartiers contestataires. C'est ce que rapportent des témoins sur place. Les ponts qui séparent la capitale en trois grandes zones sont sous contrôle de l'armée. « Aucun mouvement d'un quartier à un autre n'est autorisé », explique un haut gradé. Les habitants sont encore retranchés dans leur maison. Plusieurs ambassades conseillent à leurs ressortissants de ne pas sortir de chez eux. La ville reste donc sous tension et largement paralysée.

Rien de comparable cependant avec les combats qui se sont déroulés ce matin, vers quatre heures. Des combats qui opposaient l'armée à des assaillants autour de deux camps : celui de Ngagara au nord de la capitale et l'Institut supérieur des cadres militaires, dans le quartier de Musaga, au sud.

Dans l'après-midi, le porte-parole de l'armée a annoncé qu'un troisième camp militaire, en province, a aussi été attaqué cette nuit. Le camp de Mujejuru, à une quarantaine de kilomètres de Bujumbura. Les affrontements ont duré plusieurs heures avec l'utilisation d'armes lourdes et de mitrailleuses.

D'après le porte-parole de l'armée, les attaquants avaient « l'intention de pénétrer dans les camps pour se procurer des armes et des munitions ». Des sources sécuritaires expliquent d'ailleurs que la proximité des collines de la province du Bujumbura-Rural, qui surplombent la capitale, laisse penser que de nombreux assaillants ont pu fuir avec les armes dérobées.

Nous sommes toujours sous le lit. Quand tu sors dehors, on te tire dessus.
Ecoutez les témoignages d'habitants retranchés chez eux
11-12-2015 - Par Nicolas Champeaux