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Burundi ONU

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'inquiète de l'escalade au Burundi

Un véhicule militaire transporte des hommes arrêtés à Bujumbura, le 11 décembre2015.
© AFP

Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni en urgence et à huis clos vendredi 11 décembre au soir devant l'escalade « inquiétante » des violences qui ont fait 12 morts à Bujumbura. Dans un communiqué commun, il appelle tous les acteurs de la crise à la retenue. Mais les divisions au sein du Conseil ont limité toute action constructive depuis le mois de novembre et le vote d'une résolution censée mettre le pouvoir face à ses responsabilités.

Avec notre correspondante à New York,  Marie Bourreau

Le Burundi devait être LA grande affaire du mois de décembre pour le Conseil de sécurité et la représentation américaine à l'ONU qui alerte maintenant depuis des mois sur un risque de génocide. Mais l'opposition de la Russie, du Venezuela et de certains membres africains ont empêché un voyage cette semaine à Bujumbura dont le but était précisément de mettre la crise politique sur le devant de la scène médiatique et de limiter les accès de violences tels que ceux qui se sont produits vendredi à l'aube.

A la place, le Conseil de sécurité s'est donc contenté d'une réunion à New York pour réclamer à tous les groupes armés de cesser les violences. Il a aussi rappelé le vote de sa résolution du 12 novembre qui prévoit la possibilité de sanction et d'envoyer une force de maintien de la paix au Burundi. Mais les dissensions n'ont permis pour l'instant qu'à une seule option d'émerger, celle a minima qui consiste à envoyer Jamel Benomar pour engager des pourparlers de paix avec une équipe politique réduite autour de lui. Samantha Power, la représentante américaine, a estimé qu'un dialogue rapide doit s'engager sans quoi la situation pourrait rapidement devenir incontrôlable.

« Détourner les deux camps d'un risque de guerre »

De son côté, l'envoyé spécial américain pour les Grands Lacs, Thomas Perriello, s'est dit « alarmé par la violence à Bujumbura » appelant à un « cessez-le-feu urgent ». Ce dernier était à Kinshasa de retour de Kampala où il avait rencontré les médiateurs ougandais dans la crise burundaise. Pour lui on est à deux doigts de la guerre. « Cela fait un moment que nous disons que le problème d'une détérioration de la situation vers la guerre civile n'est pas seulement une possibilité, mais que cela se passerait petit à petit devant nos yeux. Nous cherchons encore à savoir ce qu'il s'est passé exactement ces dernières 24h et nous voulons croire qu'il est encore possible de détourner les deux camps d'un risque de guerre imminent », a déclaré à RFI le diplomate.

« Pour moi, ce qui semble ressortir du terrain jusqu'à présent, c'est qu'il ne s'agit pas simplement d'un affrontement entre deux camps, mais plutôt d'une lente détérioration vers les caractéristiques d'un état défaillant. Et l'histoire a montré, dans la zone comme ailleurs, combien cela peut coûter en vie humaine et à la sécurité de la région. Nous allons donc continuer de tenter d'établir ce qui s'est passé dernièrement. Mais malheureusement nous savons déjà que la raison fondamentale c'est que les négociations de paix n'ont pas été lancées à temps. Elles doivent commencer maintenant et nous allons augmenter la pression sur le gouvernement et l'opposition pour qu'ils cessent d'utiliser la violence », a insisté Thomas Perriollo.

Thomas Periello affirme avoir reçu à Kampala des signes encourageants pour l'ouverture prochaine de discussions.

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