Après des affrontements meurtriers, le Burundi plus que jamais divisé

Des insurgés présumés sont présentés devant les médias par les autorités burundaises auprès d'armes saisies, suite à des affrontements meurtriers à Bujumbura.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Au Burundi, l’armée est sortie de son silence ce samedi 12 décembre et a donné un bilan, après la découverte de dizaines de cadavres de jeunes gens tués tous par balle dans les rues des quartiers contestataires de Bujumbura. L’armée assure que les affrontements qui ont opposé les forces de l’ordre et des insurgés qui attaquaient trois camps militaires la veille ont fait 79 morts dans les rangs ennemis, tués pour la plupart dans les quartiers contestataires où ils s’étaient repliés. Une version contestée par la population qui décrit de véritables scènes d’exécutions extrajudiciaires.

Alors que les uns découvraient horrifiés les corps, les partisans du pouvoir organisaient une marche pour la paix, qui a surtout servi à glorifier leurs soldats et policiers. L’occasion de voir le fossé qui sépare de plus en plus ces deux mondes. Le contraste était très saisissant ce samedi à Bujumbura entre ces deux Burundi.

D’un côté, les quartiers en état de quasi-insurrection qui contestent le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, et qui pleurent leurs morts, des dizaines de jeunes gens exécutés sauvagement par les soldats et les policiers burundais, selon eux. Une population terrorisée, qui maudissait ces forces de l’ordre.

Vers une guerre civile ?

De l’autre, des milliers de partisans du pouvoir issus de l’ex-rébellion du CNDD-FDD, sous haute protection de ces mêmes forces de l’ordre, ont manifesté dans le centre-ville de Bujumbura. Manifestation en soutien à ces deux corps qui viennent « de défaire » les assaillants qui ont attaqué trois camps militaires vendredi, deux dans la capitale et le troisième plus à l’est dans la province de Bujumbura rural.

Pour ces soutiens de Nkurunziza, toutes les victimes sont des « terroristes » qui ont eu le sort qu’ils méritaient. Après des mois d’un face-à-face tendu qui est en train de se transformer en véritable guerre civile, ce qui s’est passé vendredi, « horrible massacre » pour les uns, « légitime défense » pour les autres, va laisser des traces.
Nombreux sont ceux qui se demandent aujourd’hui ce qui peut encore réconcilier ces deux camps.

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