Où en est-on du rapatriement des ex-éléments du M23?

Des membres de l'ex-rébellion du M23 devant le camp de Ramwanja, le 17 décembre.
© AFP / ISAAC KASAMANI

Deux ans après la signature des déclarations de Nairobi qui devait permettre de régler la situation pour plusieurs centaines de combattants réfugiés en Ouganda, comme au Rwanda, quelques 180 seulement sont rentrés chez eux. D’un côté, les ex-rebelles du M23 dénoncent un manquement du gouvernement, de l’autre, les autorités affirment la bonne mise en œuvre des déclarations.

L’ex-rébellion dénonce l’attitude du gouvernement. Pour elle, seul le premier point, la question de l’amnistie, sur les onze de ses déclarations, a commencé à faire l’objet d’une application et de manière incomplète.

Faux, répond François Mwamba, le coordinateur du comité de suivi pour la partie gouvernementale. Il estime que tous les points ou presque ont été remplis ou sont en voie d’accomplissement.

Pour cause, une équipe mixte congolo-ougandaise serait sur le terrain pour sensibiliser ces ex-combattants au retour, avant la fin de l’ultimatum le 15 décembre de la CIRGL.

La mauvaise fois du M23

« A ce jour, par exemple, sur les 1600 qui avaient été identifiés il y a un peu plus d’un an en Ouganda, on n’en trouve plus que 640. On nous dit qu’ils sont en famille, on nous dit qu’ils sont en permission et qu’ils sont libres. Le fait d’être dans un camp ne suffit pas », a déclaré François Mwamba.

Il ajoute : « C’est une inquiétude que nous avons puisque nos services ont effectivement identifié la présence de ces gens-là, que ce soit dans le grand Nord, que ce soit dans le Sud-Kivu. »

Le problème pour François Mwamba, c’est la mauvaise foi du M23 dont des éléments s’infiltreraient dans le grand nord du Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Un dialogue convoqué par Joseph Kabila

Du côté de la communauté internationale, l’envoyé spécial de Ban Ki-moon pour les Grands Lacs, Saïd Djinnit, est à New York pour lui rendre compte des consultations qu’il a pu mener avec toutes les parties, en vue de définir les contours du dialogue convoqué par Joseph Kabila, président de la République démocratique du Congo.

Si l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) fait de la question de la facilitation et de son rôle central la principale condition de sa participation, pour l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFCD), deuxième parti de la majorité, le dialogue devra se tenir quoiqu’il arrive.

« Nos militaires M23 sont cantonnés au Rwanda et en Ouganda. Les nombres de ceux qui sont arrivés dans ces deux pays sont connus. Donc il est question de descendre sur le terrain et de vérifier si des personnes qui étaient entrées ici n’y sont plus », a déclaré Modeste Bahati Lukwebo, ministre de l’Economie.

Il ajoute : « Il faut qu’on nous dise que ces militaires-là se trouvaient à Bianga, avant d’être au Congo. Il faut que cette preuve-là nous soit apportée. Il ne faut pas qu’on nous dise sur les médias qu’il y a infiltration, alors qu’il n’en est rien du tout. Le M23 n’est pas en train de s’infiltrer sur le territoire congolais. »

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