COP21: des réactions africaines mitigées

Le ministre de l’Environnement égyptien, Khaled Mohamed Fahmy Abdel Aal en compagnie du président de la Cop 21, Laurent Fabius et le ministre nigérien de l’Environnement, Adamou Chaiffou.
© AFP / MIGUEL MEDINA

Le premier accord universel pour lutter contre le réchauffement climatique, dont l'ampleur menace la planète de catastrophes, a été adopté samedi à Paris par 195 pays. Un « moment historique » six ans après le fiasco de la COP de Copenhague, qui avait échoué à sceller un tel accord. Si certains ministres africains ont salué le texte, d’autres ont émis quelques réserves.

C’est un soulagement. « Il s’agit d’un accord historique. Un accord qui aura des conséquences à long terme pour nos pays, et pour le cheminement de la planète vers un développement durable », s’est exprimé à la tribune Khaled Mohamed Fahmy Abdel Aal, le représentant égyptien du groupe Afrique.

Du côté sénégalais, le ministre de l’Environnement, Abdoulaye Bibi Baldé, estime que l’accord est équitable : « Le texte d’accord que vous nous avez présentés, bien que ne couvrant pas la totalité de nos préoccupations, nous considérons qu’il ne laisse aucune partie de côté. Il permettra d’assurer l’adhésion et la participation de tous et de chacun selon sa capacité à l’effort global de stabilisation du réchauffement climatique. »

Gros point d’interrogation

[Reportage] Guinée: l'accord semble bien loin des préoccupations des habitants.
13-12-2015 - Par Coralie Pierret

Si certaines voix s’élèvent pour saluer l’accord signé le samedi 12 décembre à Paris, d’autres, au contraire, sont plutôt réticentes.

L’une des critiques concerne la mention de l’objectif de limitation de la hausse de la température à deux degrés Celsius. Pour Abdoulmajid Moutari, un représentant de la société civile nigérienne, la COP21 est restée floue sur les moyens d’y parvenir. « On ne dit absolument rien sur comment il faut y arriver. Or quand on regarde la contribution des pays, il nous place une trajectoire de trois degrés », a déclaré Abdoulmajid Moutari.

Il ajoute : « S’il n’y a pas révision de façon obligatoire de ces contributions d’ici 2020, ça veut dire qu’il y aura un gros point d’interrogation à se poser. Quand on prévoit d’atteindre un objectif, il faut mettre les moyens pour y arriver. »

De son côté, Vincent Kasulu Seya Makonga, secrétaire général du ministère de l’Environnement de République démocratique du Congo a souligné l’ampleur des chantiers qui restent ouverts : « L’accord a établi que les pays en développement ont le droit de bénéficier d’un financement pour l’adaptation. Toutefois, il y a peu de contenu dans notre nouvel accord. Nous attendons avec impatience l’opportunité de poursuivre le débat sur la manière de fournir un appuye réel et concret aux pays les plus pauvres. »

Continuer l’effort

« Une bataille a été gagnée à Paris mais le combat continue. » La ministre marocaine de l’Environnement, Hakima El Haite a d’ores et déjà invité les délégués présents à la COP21 à se retrouver à Marrakech, en 2016, pour la COP22.

« L’accord ne portera ses fruits que si nos engagements sont honorés et c’est possible car ensemble nous pouvons transformer le changement climatique d’une menace existentielle en l’opportunité la plus prometteuse pour l’humanité », a ajouté la ministre marocaine.

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.