RCA: un référendum sur fond de violences meurtrières

Les Centrafricains font la queue dans un bureau de vote à Bangui, le 13 décembre 2015.
© AFP / MARCO LONGARI

En Centrafrique, alors que le référendum sur le projet de réforme de la Constitution se déroulait ce dimanche 13 décembre, des tirs ont éclaté dans la matinée à Bangui entre partisans et opposants au référendum constitutionnel. Ces tirs se sont notamment produits dans l’enclave musulmane du PK5. Plusieurs votants ont été blessés. Dans l'après-midi, une source hospitalière à Bangui faisait état de deux morts et vingt blessés.

La tension reste forte à Bangui. Des opposants armés ont tiré dans la foule de personnes majoritairement musulmanes dans une école du quartier du PK5, lieu où se déroule le vote pour la révision de la Constitution. Le but : torpiller le scrutin.

Dans l'après-midi, une source de l'hôpital général de la capitale faisait état de deux morts et vingt blessés.

En réponse, un important dispositif de la Minusca a été déployé pour sécuriser la zone et neutraliser les assaillants. Sur place, le commissaire de police de la mission onusienne en Centrafrique, Luis Miguel Carrilho, et le commandant, le général Bala Keïta, sont pris dans ces échanges de tirs nourris de roquette et de kalachnikov.

« Nous sommes sur un champ de bataille, nous allons voter sur un champ de bataille, c’est la première fois que je vois ça dans ma carrière mais nous resterons auprès des centrafricains », a déclaré à notre correspondant le général Bala Keïta.

Des urnes brûlées

De son côté, le chef de la mission onusienne en Centrafrique, Parfait Onanga-Anyanga devait faire le déplacement dans la journée. Il s’exprime : « Je vais me rendre moi-même au PK5, je vais amener ces urnes pour permettre aux gens, aux citoyens qui le souhaitent, de voter. »

Malgré un climat d’insécurité, les opérations de vote se poursuivent. Les Centrafricains qui ont fait le déplacement l’affirment : ils resteront jusqu’à 22 heures s’il le faut, mais ils iront voter.

En province, des urnes ont été brûlées et des habitants empéchés de se rendre au bureau de vote à Birao et Kaga Bandoro, fiefs du Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (FPRC), l’ancienne coalition Séléka de Nourredine Adam.

Le PK5 a pu voter

Les bureaux de vote ont fermé à 16h00 dans le quartier PK5, à Bangui, et le dépouillement a aussitôt commencé, malgré les tirs du matin et des tirs sporadiques qui se faisaient encore entendre dans l'après-midi. La population du quartier s'est mobilisée. Les habitants sont allés manifester et demander à la Minusca de sécuriser les bureaux de vote. RFI a pu joindre Lazare Ndjadder, président du Collectif 236 du PK5 pour la paix et le développement. Il a décrit l'ambiance au seul bureau de vote qui a ouvert dans le quartier, à l'école Baya Dombia, quelques minutes après avoir trempé son doigt dans l'encre...

« C'est à partir de 14h00 que le vote a commencé, ici à l'école Baya Dombia. Je vous assure, Madame, les gens étaient contents de voter. C'est pour ça que les gens sont sortis, ce matin. Au moins, ce soir, la population pourra se dire : "Enfin, nous avons pu exprimer notre droit de vote". Le PK5 a pu voter. C'était vraiment une ambiance euphorique. Demain matin, le vote reprendra pour que ceux des environs puissent exprimer eux aussi leur droit de vote. Les Nations unies nous ont rassurés. Les lieux seront sécurisés », a témoigné Lazare Ndjadder.