Burundi: terreur dans les quartiers contestataires de Bujumbura

Dans les rues de Nyakabiga, haut lieu de la contestation burundaise à Bujumbura, le 12 décembre 2015, après la découverte de dizaines de cadavres dans les rues.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Depuis les attaques simultanées visant trois camps militaires vendredi 11 décembre au Burundi, la répression de l'insurrection désormais armée qui est née de la contestation du 3e mandat du président Pierre Nkurunziza a franchi un nouveau palier. Une centaine de jeunes gens habitant les quartiers de Bujumbura ont été tués, exécutés froidement par un pouvoir qui assure de son côté avoir abattu des insurgés armés. Depuis cette date, dans ces quartiers terrorisés par un degré de violence auquel ils n'étaient pas habitués, les habitants vivent désormais au rythme des rafles quotidiennes par les forces de l'ordre de tous les jeunes de sexe masculin.

De jour comme de nuit, policiers, agents des services secrets burundais et parfois même des militaires rentrent dans ces quartiers et gare alors aux jeunes gens qui sont sur les bords des routes.

Mais ceux qui sont terrés dans leurs maisons ne sont pas épargnés non plus. Les portes sont dans ces cas défoncées, les familles molestées et tous ces jeunes accusés d'être parmi ceux qui tirent chaque jour sur les forces de l'ordre sont arrêtés.

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Des dizaines de témoignages recueillis par téléphone par RFI racontent l'histoire de familles affolées et traumatisées par les nombreuses exécutions extrajudiciaires recensées depuis quelques mois au Burundi. Des familles qui n'osent pas aller demander des nouvelles de leur fils ou frère, de peur de se faire arrêter également.

Des prisons pleines à craquer

Selon des sources policières et des services secrets, il y avait ce dimanche 13 décembre plus de 150 jeunes parqués dans la cour de la Brigade spéciale de recherche de la police et une centaine d'autres dans les enceintes du Service national de renseignement, en plein centre-ville de Bujumbura, où tous passent leurs nuits à la belle étoile, faute de place dans des cachots archi-combles.

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Pas de nourriture, souvent torse nu, ces jeunes, parmi lesquels des mineurs, sont détenus dans des conditions inhumaines. Certains auraient même subi des tortures. Certains hauts gradés ne s'en cachent pas, en frappant fort et brutalement, Bujumbura espère casser une résistance armée qui gagne petit à petit en intensité, malgré sept mois de répression sanglante.