L'ONU alerte sur les arrestations arbitraires et exécutions au Burundi

Les violences à Bujumbura vendredi 11 décembre ont fait près de 90 morts.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Quatre jours après les attaques contre des camps militaires au Burundi, le Haut commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme ne cache pas son inquiétude. Le pays semble avoir franchi un pas de plus vers la guerre civile a-t-il déclaré mardi 15 décembre. L'agence onusienne s'alarme aussi du sort réservé aux très nombreuses personnes arrêtées depuis. La médiation ougandaise mandatée par les pays d'Afrique de l'est ne parvient pas, elle non plus, à ramener le calme dans le pays.

Après les attaques contre les camps militaires de vendredi 11 décembre, les autorités burundaises avaient annoncé samedi 47 arrestations « d'ennemis ». Mais selon les témoignages de la population et des sources sécuritaires, plus de 250 personnes auraient été arrêtées. Le Haut-commissariat de l'ONU pour les droits de l'homme fait part de son inquiétude pour ces prisonniers : l'organisation a reçu des allégations de mauvaises conditions de détention, d'exécutions extra-judiciaires et de transferts vers des lieux inconnus.

Nouveau crime d'alarme de l'ONU

L'organisation onusienne demande à la communauté internationale d'augmenter les pressions sur tous les acteurs pour faire cesser les violences. D'autant qu'avant même les affrontement de vendredi, les violations des droits de l'homme et notamment les arrestations arbitraires n'ont cessé d'augmenter ces derniers mois souligne la porte-parole du Haut commissariat : « Le phénomène des détentions arbitraires n’est pas nouveau au Burundi. Nous avons documenté plus de 450 cas de détentions et d’arrestations arbitraires pour le seul mois de novembre, contre 400 cas au mois d’octobre. Donc on voit une augmentation de ces cas. Et nous avons également documenté 56 cas d’exécutions extrajudiciaires et 10 cas de tortures et de mauvais traitements. Mais il est vrai que les événements de vendredi marquent une accélération dans le nombre de ces détentions et nous sommes très inquiets de la situation actuelle ».

L'Ouganda annonce la tenue d'une réunion

Pour beaucoup, l'initiative ougandaise au Burundi est en panne. « Faux », rétorque Philemon Mateke, le ministre ougandais de la Copération régionale. Pour lui au contraire, la médiation avance. Il annonce même la prochaine tenue d'une réunion avec tous les acteurs concernés : « Le médiateur est en train d’essayer d’organiser une réunion avec toutes les parties prenantes burundaises : le gouvernement, l’opposition, la société civile, etc. Une réunion se tiendra bientôt avec tous ces acteurs, pour qu’ils discutent de leurs problèmes. Il est important que cette réunion ait lieu dans un pays neutre ».

Philemon Mateke, le ministre ougandais Coopération régionale ne donne toutefois aucune date précise : « Comme vous le savez, certains acteurs se sont réfugiés en France, en Belgique, ainsi que dans d’autres pays européens et africains. L’Union européenne, mais aussi les Etats-Unis et l’Union africaine, ont promis de contribuer financièrement pour que toutes les parties puissent se rencontrer dans un pays neutre, hors du Burundi. Ce sera une réunion inclusive, durant laquelle toutes les parties prenantes pourront exposer leurs différends, parler librement et s’atteler à trouver une voie d’avenir pour le pays ».