Côte d'Ivoire: Affi N'Guessan appelle à la démission de Soro

Pascal Affi N'Guessan, en meeting le 21 mai 2015 à Abidjan (photo d'illustration).
© AFP PHOTO/ SIA KAMBOU

Le président du Front populaire ivoirien (FPI), Pascal Affi N’Guessan, a appelé ce mercredi 16 décembre à la démission du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro. Impliqué dans plusieurs affaires, ce dernier a « déshonoré » l’Assemblée nationale et « humilié la Côte d’Ivoire », dénonce le chef de file du principal parti d'opposition.

Pour Pascal Affi N’Guessan, c’en est trop. Il a appelé ce mercredi 16 décembre à la démission de Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. Pour le chef de file du parti d’opposition, Guillaume Soro a « déshonoré la Côte d’Ivoire ». Ce dernier est impliqué dans deux affaires, dont une avec la justice française à la suite d'une plainte de Michel Gbagbo, le fils de l'ex-président Laurent Gbagbo, pour « enlèvement, séquestration et traitement dégradant et inhumain ».

Par ailleurs, des écoutes téléphoniques non authentifiées relatent qu’il aurait eu une discussion avec l’ex-ministre des Affaires étrangères burkinabè, Djibril Bassolé, dans laquelle il envisageait de soutenir le putsch militaire burkinabè de septembre dernier.
Pour Pascal Affi N’Guessan, il ne fait pas de doute que cet enregistrement est authentique et que, de ce fait, Guillaume Soro doit démissionner.

« Par rapport à l’usage de la violence comme mode d’action politique, le comportement de Guillaume Soro ne nous surprend pas. La seule chose qui nous surprend, c’est le fait qu’il persiste dans cette voie, même en étant devenu président de l’Assemblée nationale en Côte d’Ivoire, a expliqué durant la conférence de presse Pascal Affi N’Guessan. Nous observons que Guillaume Soro n’a pas changé. Il faut donc faire en sorte qu’il ne puisse plus utiliser les positions qu’il a au sein de l’appareil institutionnel, pour poursuivre la mission d’épuration politique que la Côte d’Ivoire est en train de mener ».

Le silence de Guillaume Soro

Pour Pascal Affi N’Guessan, la démission du président de l’Assemblée nationale doit être un moyen de « restaurer l’honorabilité de l’institution parlementaire et la crédibilité de la Côte d’Ivoire. Car une personnalité de ce rang, qui fait de telles déclarations et qui est maintenu à son poste, c’est une honte pour ce pays. »

Pascal Affi N'Guessan tire d'autant plus sur Guillaume Soro que, selon lui, son silence sonne comme un aveu. « Depuis que cette affaire a éclaté, M. Soro est resté suffisamment discret. Il n'a pas cherché à défendre et à démontrer qu'il n'est pas concerné par ces enregistrements audio. [...] Pour nous, son silence témoigne de la véracité des faits. »

Guillaume Soro ne devrait pas rester silencieux très longtemps puisque d'après son entourage, il abordera ces questions lors de son discours de clôture de la session parlementaire vendredi 18 décembre, face aux députés. Alasanne Ouattara, lui, a annoncé qu'il s'entretiendrait avec les autorités burkinabè, peut-être en marge du sommet de la Cédéao à Abuja