Libye: ce que prévoit le projet d'accord de paix sous l'égide de l'ONU

L’ONU propose de répartir le pouvoir législatif entre les deux Parlements. Celui de Tobrouk deviendrait une chambre des représentants et celui de Tripoli un Conseil d’Etat. Ici, le Parlement de Tripoli lors d'une session parlementaire le 16 décembre 2015.
© AFP PHOTO / MAHMUD TURKIA

Le Maroc accueille ce jeudi 17 décembre à Skhirat, près de Rabat, la cérémonie de signature d'un accord de sortie de crise en Libye. Le document prévoit la formation d'un gouvernement d'union nationale. La Libye compte actuellement deux gouvernements et deux Parlements, l'un à Tripoli, non reconnu, et l'autre à Tobrouk, dans l'est du pays, soutenu par la communauté internationale.

Ce jeudi 17 décembre au matin, les deux gouvernements rivaux de Libye pourraient donc signer un accord de paix au Maroc sous l'égide de l’Unsmil, la mission de l’ONU pour la Libye. Le fruit de quatorze mois de négociations. Mais les dissensions entre les parties libyennes demeurent nombreuses.

Sur le papier, ce plan prévoit la mise en place, quarante jours après signature, d’un gouvernement d’union nationale. Pour surmonter la rivalité entre les deux Parlements rivaux en guerre depuis l’été 2014, l’ONU propose de répartir le législatif entre les deux. Celui de Tobrouk deviendrait une Chambre des représentants, celui de Tripoli un Conseil d’Etat.

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L’exécutif serait confié à un conseil présidentiel de neuf ministres et toutes ces institutions devraient siéger dans la capitale Tripoli. Problème, les réticences dans les deux camps demeurent. Mardi 15 décembre au soir, à Malte, les chefs des deux Parlements se sont certes rencontrés pour la première fois depuis la scission politique du pays l'année dernière, mais chacun dit préférer une solution libyenne plutôt qu’obtenue sous la pression de la communauté internationale.

Si l’accord est signé au Maroc sans eux, « il y a donc un fort risque de se retrouver avec trois autorités » en plus des deux Parlements rivaux, selon un observateur cité par le journal Le Figaro. Pendant ce temps l’organisation Etat islamique continue de consolider son emprise territoriale autour de la ville de Syrte, menaçant le croissant pétrolier, avec un afflux constant de jihadistes étrangers venus de toute la région.

Pourparlers laborieux

Depuis plus d'un an, des pourparlers sont organisés sous l'égide de l'ONU et pressés par une communauté internationale inquiète face à la menace grandissante de Daech.

En début de semaine, les signes étaient pourtant encourageants, avec la rencontre à Malte des chefs des deux Parlements, après avoir retoqué trois projets d'accord proposés par l'ONU. Mais la signature annoncée à l'origine pour ce mercredi 16 décembre par les Nations unies a finalement dû être reportée pour des raisons « purement logistiques », dit-on.

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Si l'on se dit confiant côté marocain pour l'aboutissement de ce nouvel accord pour un gouvernement d'union, le texte ne semble pas faire l'unanimité. Ce mercredi encore, le président du Conseil général national – Parlement libyen non reconnu par la communauté internationale –, dénonçait l'absence de consensus dans les deux institutions et le caractère illégitime du futur texte.

Une source diplomatique marocaine l'a pourtant confirmé à RFI, les deux tiers des délégations étaient arrivées la veille au Maroc pour prendre part ce jeudi matin à la cérémonie de signature. Signe du volontarisme de la communauté internationale, les chefs de la diplomatie espagnol, italien, ou encore turc, ont fait le déplacement, selon Rabat. Des pays qui mettent la pression pour que la Libye retrouve un semblant de stabilité pour faire face à ses préoccupations majeures : la crise migratoire et les jihadistes de l'organisation Etat islamique présents en Libye.