Niger: les autorités ont-elles déjoué une tentative de coup d'Etat?

Un soldat nigérien en patrouille sur le site d'Areva à Arlit au Niger.
© AFP / Issouf Sanogo

La question se pose très sérieusement, ce mercredi 16 décembre, après l'arrestation de plusieurs officiers supérieurs, le lundi 14 décembre à Niamey. Des individus suivis depuis plusieurs semaines par les autorités nigériennes pour un complot en préparation, affirme une source proche de l'enquête à RFI. Ces arrestations dans les rangs de l'armée de l'air et de l'armée de terre interviennent à deux mois du scrutin présidentiel et législatif du 21 février 2016, dans un contexte de blocage politique, et suscitent donc beaucoup de questions.

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Que se passe-t-il à Niamey ? Au moins quatre généraux et colonels auraient été interpellés ce lundi 14 décembre. Mais le nombre d’arrestations n’est pas encore définitif puisque des officiers subalternes seraient aussi aux arrêts depuis ce mardi 15 décembre 2015.

On sait ce mercredi soir que parmi eux, figurent un ancien chef d'état-major proche de la retraite, le général Salou Souleymane, mais également le commandant de la base aérienne de Niamey, le colonel Dan Haoua, et enfin le commandant Naré qui est à la tête du bataillon d'artillerie de Tillabery. Un autre militaire serait par ailleurs en fuite, le lieutenant Hambally.

Tentative de coup d'Etat ?

Pour l’heure, aucun motif d’arrestation n’a été donné. S’agit-il d’une brouille interne à l’armée comme des sources l'évoquent ? Ou les officiers interpellés préparaient-ils autre chose ? Cherchaient-ils à déstabiliser le pouvoir à deux mois du scrutin comme d'autres sources le laissent entendre ?

Il est trop tôt pour dire avec certitude quels soupçons pèsent sur ces militaires et quelles étaient leurs intentions. Une source proche de l'enquête confie cependant que ces hommes étaient considérés comme dangereux. Ils étaient suivis depuis plusieurs semaines pour un complot en préparation et projetaient de passer à l'acte ce jeudi 17 décembre, confie notre interlocuteur, qui justifie ainsi leur arrestation. Le porte-parole du gouvernement joint par RFI se refuse à tout commentaire.

Le Niger sous tension

Ces interpellations interviennent après un incident survenu dans la nuit de dimanche 13 à lundi 14 décembre 2015. Des tirs ont touché le nouveau siège du parti présidentiel, en construction.

Acte délibéré ou simple bavure ? Deux versions très différentes ont été données à vingt-quatre heures d'intervalle par les autorités, alimentant les rumeurs dans un contexte politique tendu à deux mois des élections.

Les décrets convoquant le corps électoral pour les prochaines élections législatives et l’élection présidentielle ont été publiés, mardi 15 décembre, au Niger. Comme prévu, les scrutins auront lieu le 21 février prochain.

Discours attendu

Malgré les arrestations des officiers pour atteinte à la sûreté de l’Etat, à l’intérieur du pays, tout comme à Niamey, les populations ont vaqué à leurs occupations. Mais sur les réseaux sociaux, dans les salons et d’autres lieux où les jeunes se réunissent pour causer, les langues se délient. Beaucoup d’interrogations sur ce qui s’est réellement passé en l’absence de toute information officielle.

Pour en savoir plus sur ces évènements, les Nigériens auront ce soir une oreille attentive au message à la Nation du chef de l’Etat, Mahamadou Issoufou, à l’occasion de l’anniversaire de la proclamation de la République, une grande fête qui se déroulera ce vendredi à Maradi, au centre du pays, et où convergent depuis 48 heures les officiels et les responsables militaires.