Procès Hissène Habré: les auditions des témoins sont terminées

L’ex-président tchadien Hissène Habré devant le tribunal de Dakar, Sénégal, le 3 juin 2015.
© AFP/SEYLLOU

A Dakar, quatre mois après son ouverture, le procès d’Hissène Habré passe un cap. Les auditions des 90 témoins se sont terminées, ce mardi 15 décembre. L’ancien président du Tchad est jugé devant une cour d’assises spéciale au Sénégal, les chambres africaines extraordinaires. Il est soupçonné de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et tortures durant ses années au pouvoir entre 1982 et 1990.

Discrets à l’ouverture du procès, les trois avocats commis d’office pour défendre Hissène Habré ont pris de l’assurance. Ils devraient plaider la non-culpabilité et l’acquittement de leur client. Me Mounir Balal, l’un des avocats, pointe l’absence d’éléments impliquant directement l’ancien président dans les crimes commis : « la quasi-totalité des témoins qui ont comparu à la barre soutiennent que du simple fait de son statut de chef de l’état, Hissène Habré doit être tenu responsable de tout ce qu’il s’est passé, de tous les abus, de toutes les exactions qui ont été commises à l’époque au Tchad ».

A (ré)écouter : Procès Habré: HRW se dit «satisfait et fier» des témoins

Vision opposée du côté des avocats des parties civiles qui estiment que ce procès n’a pas été mené à charge et qu'Hissène Habré aurait pu demander la comparution de témoins à décharge. « On a eu la confirmation même après le temps passé, la déperdition des preuves, de ce qu’Hissène Habré et sa clique avaient commis. Ça ne fait plus l’ombre d’un doute, assure Me Georges-Henri Beauthier. Les victimes attendent, confiantes, un verdict qui va enfin faire condamner Hissène Habré. »

La cour qui juge Hissène Habré a défini un nouveau calendrier. Les plaidoiries devraient débuter mi-janvier. Le verdict n’est pas attendu avant le mois de juin 2016.

L'essentiel, c'est que nous avons pu tenir nos engagements et respecter la procédure...
Marcel Mendy, porte-parole des chambres africaines extraordinaires
16-12-2015 - Par Guillaume Thibault