Côte d’Ivoire: début du procès des assassins présumés du général Gueï

Affiche du général Gueï en septembre 2000.
© AFP/Issouf Sanogo

Plus de 13 ans après sa mort, le procès des assassins présumés du général Robert Gueï s'est ouvert, ce jeudi, à Abidjan. Au total, 24 militaires sont poursuivis. Le général Gueï, auteur d'un coup d'Etat contre le président Henri Konan Bédié le 24 décembre 1999 puis vaincu par Laurent Gbabgo à la présidentielle de 2000, a été tué avec sa femme, des membres de sa famille et sa garde rapprochée en septembre 2002. Plusieurs militaires sont dans le box des accusés.

Dernière minute: le procès des assassins présumés du général Robert Guéï, ex-chef a été renvoyé au 21 janvier en raison d'un problème de procédure. Trois des 22 inculpés étaient absents et il manquait des pièces relatives à leur convocation pour pouvoir poursuivre l'audience, a souligné le président.


C’est dans la même salle de la cour d’assises où a eu lieu, il y a presque un an, le procès de Simone Gbagbo, que se trouvent aujourd’hui 19 prévenus, tous militaires, pour répondre de l’assassinat du général Robert Gueï, de son épouse, d’une partie de ses proches et de ses gardes du corps en septembre 2002. Parmi les prévenus, on retrouve l’ex-commandant de la Garde républicaine, Bruno Dogbo Blé, et le commandant Anselme Séka Yapo, dit Séka Séka, le chef de la sécurité de Simone Gbagbo. Face aux accusés, le président du tribunal, Tahirou Dembélé est assisté de quatre accesseurs, quatre officiers supérieurs qui forment donc ce tribunal militaire.

Ce premier jour d’audience est consacré notamment à la lecture du rapport d’instruction avec force détails sur les circonstances de ces assassinats : l’expédition militaire au domicile de la famille Gueï, la fuite du général et son interpellation à la cathédrale Saint-Paul d’Abidjan où il avait trouvé refuge. Des témoignages affirment que c’est le commandant Anselme Séka Yapo qui a tiré sur le général Gueï, peu après son arrestation avant d’abandonner son cadavre au bord de la route de la Corniche à Abidjan.

La fin d'une longue attente

Après l’énoncé des faits, il doit y avoir la comparution des témoins. Ils sont au moins une trentaine et puis chaque avocat doit prendre la défense des assassins présumés et de leurs complices. A noter que parmi les témoins cités par le président du tribunal, figurent Pascal Affi N’Guessan, l’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo à l’époque, et Moïse Lida Kouassi, qui était le ministre de la Défense.

Un procès qui débute donc après des années d’attente et d’instruction, mais aussi de nombreux reports. Un procès que les autorités judiciaires ivoiriennes souhaiteraient voir achever avant la fin de l’année.