Situation au Burundi: Washington met la pression sur l’ONU

le Conseil de sécurité de l'ONU, le 14 avril 2015.
© REUTERS/Lucas Jackson

A l'occasion de sa conférence de presse annuelle, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est longuement attardé sur la crise burundaise. L'ONU est sous le feu des critiques pour son incapacité à contenir une crise politique qui menace selon Ban Ki-moon de dégénérer en guerre civile. Washington a aussi demandé, par la voix de sa représentante aux Nations unies, à agir vite pour éviter de nouveaux crimes de masse.

Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

Pressé de toute part, Ban Ki-moon a annoncé le départ imminent de son envoyé spécial au Burundi, Jamal Benomar, avec pour mission de réengager le dialogue avec le gouvernement de Pierre NKurunziza. Il doit aussi rencontrer l'Union africaine et les pays de la région pour tenter de trouver un compromis entre l'opposition et le pouvoir burundais.

Le secrétaire général a aussi indiqué que l'ONU pourrait être obligée d'aller plus loin qu'une simple mission politique. La résolution votée par le Conseil de sécurité le 12 novembre dernier laissait ouverte cette possibilité d'envoyer des casques bleus. La représentante américaine Samantha Power, qui préside ce Conseil de sécurité pour le mois de décembre, a exhorté ses membres à agir plus rapidement. Une allusion implicite à la Russie, la Chine et les membres africains très réticents à toute intervention.

La Ligue burundaise des droits de l'homme et la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) ont par ailleurs écrit au Conseil pour lui demander de prendre des mesures à la hauteur de la menace. Elles lui demandent le vote d'une résolution urgente pour envoyer une force de police et de se tenir prêt à une intervention militaire.


■ Un représentant britannique attendu au Burundi

James Duddridge, le sous-secrétaire d’Etat britannique aux Affaires étrangères, était au Rwanda ce mercredi. Une visite portant sur la crise au Burundi qui a franchi un nouveau palier vendredi dernier après des affrontements qui ont fait près de 90 morts. La veille, le ministre britannique était en Ouganda où il a rencontré le président Museveni à la tête de la médiation régionale mandatée pour tenter d'empêcher le Burundi ne sombre dans la guerre civile.

James Duddridge, qui est attendu ce jeudi à Bujumbura, a appelé à un dialogue inclusif entre les parties prenantes, et ce à l'extérieur du Burundi : « Il n'y a pas d'alternative. Le Burundi ne peut pas continuer sur cette trajectoire. Tout le monde doit s'asseoir à la table des discussions. Un dialogue se déroulant au Burundi ne sera pas suffisant. La communauté des Etats d'Afrique de l'Est a été très claire à ce sujet, car tout simplement des participants clés qui doivent être autour de la table ont peur de rentrer au Burundi : des dirigeants clés de l'opposition, des membres du parti du président Nkurunziza sont ici à Kigali ou dans d'autres pays ».

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