Cédéao: des chefs d’Etat veulent interdire le port du voile intégral

Le débat sur le port du voile a été initié par le président sénégalais, Macky Sall, lors du forum paix et sécurité à Dakar en novembre 2015,
© AFP / SEYLLOU

A Abuja, les chefs d’Etats de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) se sont retrouvés, les 16 et 17 décembre 2015, pour célébrer les 40 ans de l’institution. Suite à l’attaque au Radisson de Bamako, le sommet a principalement débattu des questions de sécurité. Les chefs d’Etat ont appelé chaque pays à prendre des mesures pour interdire le port du voile intégral, qui empêchent la reconnaissance d’une personne.

Les chefs d’Etat se sont réunis à huis clos au sommet de la Cédéao au Nigeria. Au centre des discussions pour ses 40 ans d'existence : le port du voile intégral. Le débat a été initié par le président sénégalais, Macky Sall, lors du forum paix et sécurité à Dakar en novembre 2015, et relancé plus récemment par Alpha Condé en Guinée.

Si certains présidents ont souhaité une interdiction dans tous les pays de la Cédéao, d’autres, notamment la délégation du Niger, ont rappelé que le port du cheich était très répandu.

De son côté, le président gambien, Yaya Jammeh, a passé tout le sommet un Coran à la main. Le chef de l’Etat a récemment annoncé que son pays est un « Etat islamique ».

Ainsi, la déclaration finale est lue par Kadré Désiré Ouédraogo, le président en exercice de la Cédéao : « Les chefs d’Etat et de gouvernements conviennent que certains ports vestimentaires peuvent considérablement gêner la conduite d’action préventive. »

Une méthode pour éviter les attentats

Il a poursuivi la lecture : « Il invite tous les Etats membres à prendre, compte tenu de leur réalité nationale, des mesures appropriées visant à l’interdiction de tout port vestimentaire rendant difficile l’identification des personnes. »

A l’origine de cette interdiction, une volonté de mettre en œuvre une méthode pour éviter des attentats, suite à la récente attaque de l'hôtel Radisson à Bamako.

« La conférence réitère son engagement à tout mettre en œuvre pour apporter des réponses appropriées aux différentes menaces sécuritaires dans la région, notamment le terrorisme, l’extrémisme violent, et les autres formes de crimes transnationaux organisés. »

Mais, cette solution ne fait pas l’unanimité. Dans les sphères militaires et diplomatiques, on rappelle que les jihadistes trouvent toujours des parades. Pour eux, l’important est de chercher des solutions de fond, notamment via le développement, pour combattre le terrorisme.