Côte d’Ivoire: discours incisif de Guillaume Soro devant le Parlement

Guillaume Soro, le mercredi 25 avril, à Yamoussoukro.
© AFP PHOTO/SIA KAMBOU

En Côte d'Ivoire, le président de l'Assemblée nationale a prononcé un discours à l'occasion de la clôture de la session parlementaire. Devant les députés, Guillaume Soro est revenu sur les différentes affaires qui l'ont concerné ces dernières semaines, à savoir les enregistrements téléphoniques de ses conversations supposées avec l'ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré, Djibrill Bassolé. Et également le mandat d'amener délivré puis annulé par une juge française alors que Guillaume Soro était en France pour la COP21. Le ton de ce discours était pour le moins très incisif.

« J’ai été meurtri par toutes ces cabales qui m’ont frappé de plein fouet. Ces cabales ont fait naître la rumeur. Réfuter une rumeur est bien difficile, voire impossible, tant elle se répand comme un cancer généralisé, comme si le médisant avait le diable sur la langue, comme si celui qui l’écoute avait le démon dans l’oreille. »

Guillaume Soro était très incisif et très en verve ce vendredi matin. Devant une Assemblée nationale conquise, le président du Parlement s’est employé point par point à démonter ce qu’il qualifie de l’une des pires campagnes de calomnie et dénigrement qu’il ait eu à subir. « J’ai été blessé », a déclaré Guillaume Soro avant de revenir sur le cas des écoutes téléphoniques.

Sur ce point qu’il qualifie de « chimère », Guillaume Soro estime que Alassane Ouattara a tranché en indiquant que le président ivoirien traiterait personnellement avec les nouveaux pouvoirs burkinabè de ce cas. Le président de l’Assemblée s’efface donc dans cette affaire qui sera gérée de chef d’Etat à chef d’Etat, non sans avoir toutefois redit devant l’hémicycle son amour et son attachement à ce pays, le Burkina Faso, qui l’a accueilli lors de son exil.

« Je suis fier d’avoir résisté »

Concernant la commission rogatoire internationale de la juge Sabine Khéris et la plainte de Michel Gbagbo, Guillaume Soro s’est montré extrêmement pugnace, beaucoup plus loquace : « Une juge française a cru devoir par tous les moyens m’humilier, voilà c’est fait. Je lui dis bravo », a dit Guillaume Soro.

Mais aussitôt avec des accents patriotiques, le second personnage de l’Etat a déclaré ne pas accepter qu’à travers lui, on s’en prenne à la Côte d’Ivoire et à ses institutions. Guillaume Soro parle d’abus de pouvoir de la juge et indique que si celle-ci souhaite l’entendre, elle aurait tout loisir de le faire ici à Abidjan, en assistant un juge ivoirien qui est seul qualifié à l’entendre.

Face à ces attaques et répondant à l'opposition, le président Soro a terminé son discours en disant qu'il demeurait « serein » et qu'il était « un homme de mission et pas un homme de démission », allusion à l'opposition du FPI qui demande sa démission.

« Je suis fier d’avoir résisté pour mon pays, pour l’Afrique », a-t-il encore dit sous un tonnerre d’applaudissements de la part des députés. « Si j’avais cédé, cela aurait fait jurisprudence. Personne n’est à l’abri des ragots », avant de conclure en expliquant que grâce au soutien de l’Assemblée nationale, il se sentait comme « réélu à la tête du Parlement et j’en suis fier. N’en déplaise aux esprits chagrins ».