Madagascar: la loi sur la lutte contre le trafic de bois de rose votée

Le trafic de bois de rose est au centre de la polémique à Madagascar.
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A Madagascar, l'Assemblée nationale a voté, jeudi 17 décembre au soir, un texte attendu depuis longtemps : la loi sur la lutte contre le trafic de bois de rose. Des millions de dollars sont en jeux dans ce trafic mafieux de bois précieux à destination de la Chine. Le vote de cette loi avait été plusieurs fois ajourné, sous la pression de certains députés liés au trafic, car elle prévoit un alourdissement des peines et la création d'un tribunal spécial pour juger les trafiquants et leurs complices.

Vingt ans de prison pour les commanditaires et exportateurs, dix ans pour ceux qui coupent le bois en forêt, la nouvelle loi renforce la répression contre le trafic de bois de rose et d'ébène. C'est en fait toute la chaine qui est réformée. Sur le terrain, des brigades mixtes d'enquête vont être créées. Composées de policiers, gendarmes et agents forestiers, elles seront chargées d'enquêter dans les localités concernées.

Elles transmettront leurs dossiers à une nouvelle cour de justice, la Cour spéciale, basée dans la capitale, qui s'occupera uniquement des infractions liées à ce trafic. Il s'agit là du tribunal vert réclamé par la société civile depuis plusieurs années.

Le président de l'Alliance environnementale Voahary Gasy s'est donc réjoui du vote de cette loi. Ndranto Razakamanarina est satisfait, sans être enthousiaste, car il rappelle que dans le pays, le problème ne vient pas des lois mais de leur application et selon lui la principale bataille, c'est la lutte contre la corruption. Il dénonce des « trafics d'influence en haut lieu ». Dernier exemple en date, selon lui, il y a trois jours : un homme suspecté d'être lié à un grand trafiquant a été arrêté puis libéré quelques heures plus tard.