Affaire des viols en RCA: rapport accablant sur la gestion de l’ONU

Militaire camerounais déployé à Bangui en RCA dans le cadre d’une mission onusienne de maintien de la paix.
© FP PHOTO / REINNIER KAZE

Six mois après avoir été nommée à la tête de la commission indépendante chargée d’enquêter sur la gestion de l’ONU dans l’affaire des viols en Centrafrique, la juge canadienne Marie Deschamps a remis son rapport. Et il est accablant. L’ONU a failli au plus haut niveau à rendre compte des crimes commis par des soldats français et africains déployés en République Centrafricaine.

Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

La juge canadienne avait dix semaines pour rendre son rapport. Il lui en aura fallu 15 de plus pour venir à bout de ce qu’elle a découvert. Elle décrit une organisation onusienne opaque et terrorisée des conséquences d’un tel scandale sexuel alors que l’ONU déployait sa mission de maintien de la paix en Centrafrique.

« La décision a été prise sur place à Bangui de conserver les allégations de façon confidentielle, explique-t-elle. En Mars, il y avait eu un problème avec le gouvernement du Tchad qui avait retiré ses troupes. Et le rôle de la France est très important en Centrafrique et on voulait éviter qu’il y ait une réaction politique aux allégations. »

A la place, les hauts responsables onusiens ont préféré se renvoyer de bureau en bureau le mémo de dix pages décrivant les crimes sexuels commis sur une dizaine d’enfants. Il a aussi atterri sur des boîtes mail sans même avoir été lu.

L’ONU a failli à sa mission première, écrit la juge, à savoir la protection des droits de l’homme et elle pointe du doigt les responsables, Babacar Gaye, l’ancien chef de la mission onusienne à Bangui débarqué au mois d’août dernier, l’UNICEF et le Haut commissariat aux droits de l’homme. Ban Ki-moon le secrétaire général, a pris acte. Il a dit son profond regret et promis d’en tirer les conséquences sans délai.

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