Burundi: Bujumbura nie toujours le risque de génocide

Le corps d'un homme tué à Cibitoke, un quartier contestataire de Bujumbura, le 9 décembre 2015.
© REUTERS/Jean Pierre Aime Harerimana

Alors que la crainte de la guerre civile se fait chaque jour plus grande au Burundi, le Conseil paix et sécurité de l'Union africaine a voté jeudi soir une résolution soutenant le principe d'une intervention armée pour protéger les populations. L'UA a adressé une requête aux autorités burundaises qui ont jusqu'à mardi soir prochain pour y répondre. Cette résolution qui doit encore être validée par le Conseil de sécurité de l'ONU, prévoirait le déploiement de 5 000 hommes à Bujumbura, où on a assisté à un regain de violences ces derniers jours. Une situation catastrophique dont le pouvoir et l'opposition s'accusent toujours mutuellement d'être les instigateurs.

C'est la première fois que l'UA décide de déployer une force là où se déroule ou se prépare un génocide ou un crime contre l'humanité, comme le dit sa charte. Cela accentue la pression sur les autorités burundaises qui nient toujours le retour des violences ethniques et accusent l'opposition d'instrumentalisation.

« Ceux qui parlent de génocide sont certainement ceux qui ont échoué à perturber l’ordre et la sécurité de notre pays par la voie des armes, dénonce Willy Nyamitwe conseiller en communication de la présidence burundaise. Nous pouvons rassurer le monde entier qu’au Burundi il n’y aura pas de génocide. Il n’y a pas de génocide en cours. Le gouvernement du Burundi fait tout pour que la cohésion sociale reste un acquis. »

Une partie de l'opposition salue la résolution votée jeudi soir. Elle y voit une façon d'isoler le président burundais.

« Nkurunziza est dans la logique d’une guerre contre son propre peuple, estime Jérémie Minani du collectif CNARED. Nkurunziza ne veut pas des négociations, il a toujours privilégié l’extermination de ceux qui s’opposent à son troisième mandat. Devant un homme qui pense comme ça, je pense que l’Union africaine doit prendre ses responsabilités et empêcher que la population périsse. »

Mais le déploiement des forces africaines n'est pas pour tout de suite. Il est soumis à l’accord de Bujumbura ou, à défaut, des chefs d’Etat de l’UA.

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