Le procès des assassins présumés de l’Ivoirien Robert Gueï renvoyé

De gauche à droite le 19 avril 2000 : Laurent Gbagbo, président du FPI, le chef de la junte le général Robert Gueï et le président du RDR, Alassane Ouattara, se sont rencontrés à propos de la nouvelle Constitution.
© AFP/Issouf Sanogo

A Abidjan, le procès des assassins présumés du général Robert Gueï, ex-chef de la junte en Côte d'Ivoire tué en 2002, a été renvoyé au 21 janvier 2016. En cause, un problème de procédure : trois des 22 accusés étaient absents. Alors que l’avocat de la défense parle d’un renvoi « injustifiable », de son côté, l’avocat de la famille de l’homme surnommé « le Père Noël en treillis » dénonce un crime organisé au plus haut sommet de l’Etat.

Dix-neuf personnes dont le général Dogbo Blé, un ex-homme fort du régime de Laurent Gbagbo, et Anselme Séka Yapo, ancien responsable de la sécurité rapprochée de Simone Gbagbo, étaient dans le box des accusés du tribunal militaire à Abidjan pour être jugés pour assassinat et complicité d'assassinat.

Mais trois des 22 inculpés étaient absents et des pièces relatives à leur convocation ont manqué pour pouvoir poursuivre l'audience. Le président du tribunal militaire a été formel : l’affaire est renvoyée au mois prochain.

« Le gouvernement n’a pas fait les formalités de défaut pour les trois accusés qui n’étaient pas présents aujourd’hui. Ce renvoi est injustifiable pour un procès si grave. Le commissaire du gouvernement aurait dû faire les choses correctement et respecter toute les formes », a déclaré, révolté, l'un des avocats de la défense, Rodrigue Dadjé.

« Je suis vraiment déçu »

L’avocat de la Défense a ajouté : « Dans ce dossier, il y a eu trois juges d’instruction. Nous nous retrouvons avec une ordonnance de renvoi dans laquelle il n’y a aucun fait spécifique qui soit attribué à chacune des mises en cause. On les poursuit par supposition. Je suis vraiment déçu, je trouve que le niveau de poursuite et d’instruction en Côte d’Ivoire pour les personnes poursuivies et vraiment bas. »

Face aux dénégations de la défense qui parle d’un dossier d’accusation vide, Paul Oumar Singo Tia, avocat de la famille Gueï a rétorqué : « Les personnes présentes sont des purs criminels. Il y a des milliers de militaires en Côte d’Ivoire, pourquoi toujours Séka Séka, pourquoi toujours Dogbo Blé ? »

« L’assassinat du général a été planifié au plus haut sommet de l’Etat, les exécutants, qui étaient assis là, ont bien travaillé pour leur patron que constitue l’Etat », a ajouté l’avocat.

Assassiné de six balles

Âgé de 61 ans, Robert Gueï avait été assassiné de six balles le 19 septembre 2002, jour d’un coup d’Etat manqué contre Laurent Gbagbo, qui avait entraîné la prise de contrôle du nord et de l’ouest du pays par la rébellion. Son épouse, des membres de sa famille et de sa garde rapprochée avaient aussi été tués le même jour.

Robert Gueï a été accusé par le pouvoir de Laurent Gbagbo d’être derrière ces troubles. Les partisans de Gueï attribuaient, en retour, au régime la mort de leur chef, ce que le camp Gbagbo a toujours récusé.